Des valeurs et des actes: penser la politique autrement

Petit tour d’horizon de l’évolution de la pensée politique avant les prochaines échéances sénatoriales de septembre 2017.

Le premier ministre, deuxième personnage de l’État après le président de la République et avant le président du Sénat, serait-il l’engrais par lequel le « penser la politique autrement » va voir ses racines croître ?

Si la question ne trouvera sans doute réponse que dans quelque temps, il faut reconnaître qu’Édouard Philippe se démarque de ses prédécesseurs et qu’il impose un style « cash ».

Dans une récente interview accordée au JDD, ce féru de belles Lettres s’accordait à dire : « La distance et l’ouverture, que permet la lecture, sont précieuses quand on est soumis par l’actualité à la dictature de l’immédiateté et à l’absence de profondeur de champ. »

Le texte de la Constitution de la Ve République et notamment l’article 21 nous rappelle que le premier ministre « dirige l’action du gouvernement ». Il est par nécessité le chef de la majorité parlementaire mais c’est aussi à Matignon que se joue la coordination entre les ministres.

Lors du séminaire gouvernemental qui s’est tenu à Nancy les 30 juin et 1er juillet 2017, à propos de cette coordination entre les femmes et les hommes qui agissent, Edouard Philippe a eu cette formule très juste :

« Une équipe, ce n’est pas une addition d’identités, c’est une multiplication de compétences. »

Une formule à laquelle j’adhère tout particulièrement et qui devrait, à mon sens, toujours l’emporter sur tout autre jeu d’appartenance ou d’étiquette pour penser la politique autrement.

 

Faire des ponts plutôt que de creuser des fossés.

 

Penser la politique autrement sera non seulement l’évolution inéluctable de la politique de notre temps mais également l’aboutissement réussi d’années de lutte contre les pensées toutes faites, les guerres de clans et les dogmes.

 

Le parcours d’Édouard Philippe n’est pas parsemé de sauts de cabri. Il est peut-être déjà un des signes de cette avancée puisque Rocardien convaincu, il s’est engagé aux côté d’Alain Juppé pour finalement construire ce nouveau gouvernement.

 

Le chemin politique est loin d’être incohérent.

 

On se souviendra de ce que François Bayrou président du MoDem qui échangeait souvent avec Michel Rocard disait à propos de ce dernier au jour de sa disparition : « C’était un homme qui préférait faire des ponts que de creuser des fossés ou séparer les gens. Il refusait de se laisser enfermer, il refusait le sectarisme. »

 

Penser la politique autrement avant de prétendre la faire autrement, c’est faire des ponts plutôt que de creuser des fossés.

 

A cet égard, le discours prononcé par Premier Ministre dans sa déclaration de politique générale me conforte dans cette conviction qu’il nous faut penser la politique autrement avant de prétendre la faire autrement.

 

C’est sans aucun doute une pensée complexe mais en même temps , je suis convaincue que seule cette gymnastique de l’esprit nous permettra de sortir de l’impasse dans laquelle la France reste coincée depuis des années.

 

Pour ce faire :

 

Des valeurs, un cap, des actes.

 

Autrement qu’en chicaneries, scènes de basse-cour ou de cour de récré.

 

Aucun d’entre nous n’a intérêt à ce que ce gouvernement échoue. La critique caricaturale, les procès d’intention n’auront pour effet que d’entretenir la haine, la colère des Français.

 

Je sais que certains attendent de voir nos concitoyens descendre dans la rue, une fois l’été passé. Ils fourbissent leurs armes, de coups d’éclat en posture. C’est un jeu bien dangereux et irresponsable.

 

Si nous, politiques, petits ou grands élus, avons un devoir de vigilance quant aux discours de méthodes et aux actions entreprises, il est aussi de notre devoir de redonner à la chose publique et politique ses titres de noblesse.

 

Cela nécessite pour quelques uns de faire preuve d’humilité, de sagesse, de hauteur d’esprit.

 

Ce n’est pas si simple tant nous avons été nourris pendant des décennies avec une façon de faire la politique pour le moins archaïque, des pratiques intolérables, et des supports d’information pré-mâchés se servant avidement dans l’immédiateté.

 

Place à la réflexion et à l’analyse.

 

À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, les partis politiques traditionnels ont tous fait leur mea culpa en affirmant qu’ils devaient se remettre en question.

 

C’est le moment ! Il n’y a plus de reculade possible.

 

Tout est à faire et à prouver.

 

Lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Édouard Philippe faisait ici, référence à la dette : « Sous le regard inquiet des Français, nous dansons sur un volcan qui gronde de plus en plus fort. ». Nous pourrions décliner cette assertion à d’autres fins.

 

Le cap est fixé : « Dire la vérité, travailler avec toutes les femmes et les hommes de bonne volonté, obtenir des résultats concrets le plus rapidement possible. » Ce que tous ceux qui veulent donner un avenir à la France souhaitent intensément, tous ceux qui « entendent pouvoir rompre avec le mal français d’alternances inutiles, de rendez vous manqués et d’espoirs déçus. » *

 

Il fallait faire preuve d’un peu d’audace pour évoquer tantôt Bob Dylan «combien de fois un homme peut-il tourner la tête en prétendant qu’il ne voit pas ?» tantôt Diamond Jared .

 

Si d’aucuns extrémistes de Droite choisissent encore d’y voir le moyen d’aller cueillir des pâquerettes, je ne peux que leur souhaiter de rester au ras du sol.

 

Parce qu’on le veuille ou non, la politique est en train de s’élever, et aucune erreur de pilotage ne sera permise sous peine de crash violent.

 

Il est de notre devoir de participer à maintenir le cap et non pas de semer la route de peaux de bananes, d’innover face aux dangers, d’ouvrir les yeux et de lutter contre ce que Diamond Jared nomme « l’aveuglement des chefferies », qui mènent une vie protégée au détriment de l’autre, de celui que la société considère comme « rien » et de cesser de faire de l’homme ou de la femme politique « cet animal suicidaire ».

 

Nous avons le choix :

 

Sombrer dans l’immédiateté ou prendre le temps de l’analyse,

 

Voir ou tourner la tête,

 

Empêcher ou agir,

 

Accorder sa confiance ou détruire.

 

La confiance que j’accorde aujourd’hui à ce nouveau gouvernement est responsable et par conséquent exigeante. Elle est celle que lui ont accordée les membres du MoDem, Jacqueline Gourault en sa qualité de Ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’Intérieur , Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées ainsi que les 47 députés MoDem et apparentés qui ont été élus le 18 juin. **

 

Une confiance que Marc Fesneau , le président du groupe à l’Assemblée nationale qualifie de »forte, loyale et exigeante (…) tant les défis sont nombreux » (…) dans « une stratégie du dépassement des antagonismes que nous connaissions. »*

 

Dans cette année riche en politique, il nous reste encore un inconnu: le Sénat.

 

Et par conséquence, le prochain troisième homme ou femme par ordre protocolaire, de l’État.

 

En effet, le 24 septembre 2017, ce sera au tour du Sénat d’être partiellement renouvelé. Ici, pas d’abstention puisque le vote est obligatoire.

 

Pour la première fois sous la Ve république, les élections présidentielle, législatives et sénatoriales ont lieu la même année.

 

Nous y verrons alors comment cette confiance des élus se caractérise et comment cette façon de penser la politique autrement se concrétise.

 

Danièle NOËL
Présidente MoDem 54

 

 

Pour aller plus loin :

* Discours de Marc Fesneau président du groupe Modem et apparentés, à l’Assemblée nationale

** Groupe MoDem et Apparentés . Découvrez vos députés !

***Élections sénatoriales

 

Terrorisme et climat : Emmanuel Macron a tout bon !

A chaque déclaration du président de la République, c’est la même ritournelle : les bien- pensants et les merles moqueurs font sonner leurs crécelles. Et pourtant…

Le réchauffement climatique a été un des sujets les plus importants du dernier sommet du G2O. Nécessairement, tous les regards étaient tournés vers Donald Trump, puisque le président des États-Unis avait annoncé sa volonté de sortir de l’accord de Paris.

Il n’a pas failli à sa menace: sur ce point, le divorce avec les États-Unis est engagé.

Donald Trump s’enorgueillit même d’avoir joué la forte tête et de claironner en solo contre tous « ces mauvais accords qui ont été passés »…

Face à ce son de trompette de la renommée bien mal embouchée, le président de la République française a fait cette déclaration qui ne peut pas tomber dans l’oreille d’un sourd :

“ On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique », ajoutant « les grands déséquilibres de notre monde, ceux que nous sommes en train de vivre, sont liés au déséquilibre climatique que notre mode productif international a généré. “

Le message n’était pas bien complexe à comprendre. Il s’adressait bien sûr au monde entier mais aussi à Donald Trump. Souvenons-nous que ce dernier n’hésite pas à traiter les terroristes de « losers », autrement dit des ratés, et que, pour lui, « le réchauffement climatique est un canular ».

On nage en plein « bad trip »!..

C’est sans doute la raison pour laquelle Emmanuel Macron a annoncé un nouveau sommet international sur le climat le 12 décembre en expliquant qu’il espérait encore convaincre Donald Trump de revenir sur sa position.

Alors, soyons un peu sérieux. Tout cela mérite bien que l’on cherche à aller un peu plus loin dans la relation de cause à effet. Et pourtant….

Comme à son habitude, la machine à broyer démarre au quart de tour.

Les merles moqueurs se moquent. Les persifleurs persiflent.

La toile s’enflamme et les réseaux hilares se marrent.

Les politiques également. Et sans complexe, certains tirent à boulets rouges.
Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation, tacle violemment Emmanuel Macron qui selon lui  » franchit le mur du çon « . Nadine Morano, députée européenne LR, dénonce une association  » totalement hors sujet  » . Quant à Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, elle y va aussi de son couplet en un :  » De qui Macron se moque-t-il avec ses excuses au terrorisme ? « 

De qui se moque -t-on ? Et pourtant…

Il est pourtant vrai que ces dernières années, plusieurs études très sérieuses ont découvert que la hausse des températures dans le monde était un facteur d’instabilité politique, créant ainsi les conditions favorables à l’émergence de groupes comme Daech.

S’il est un fait que l’on ne peut taire, puisqu’il est né dès les années 70, c’est que de nombreux rapports nationaux et internationaux montrent les liens entre changements climatiques et terrorisme. A l’ époque, on regardait ces rapports avec des yeux ronds et écarquillés en se demandant si tout cela était bien sérieux. C’était en 1970…

C’est dans les années 2000, quand le changement climatique s’est imposé comme un nouvel enjeu international majeur, que l’attention politique s’est renforcée et renouvelée.

Visiblement, quelques-uns ont dû zapper le débat.

Ou à l’instar de Donald Trump, sans doute préfèrent-ils jouer les gros bras, se mettre des œillères et se voiler la face. Forcément ça en bouleverse quelques uns qui ne peuvent plus « vendre » l’islamisme radical comme seule et unique cause du terrorisme.

Quelles sont ces études entre « terrorisme et climat »?

Les militaires américains avaient pris conscience dès les années 1990 de l’émergence de nouveaux risques liés au changement climatique et tiraient le signal d’alarme dans un rapport rendu public.

En 2003, le Pentagone établissait un lien entre sécurité et changement climatique.

En 2007, les institutions de défense des États-Unis parlaient du changement climatique comme d’un « multiplicateur de menaces ».

En 2014, c’est encore un très sérieux rapport du Pentagone qui traduit le lien entre le réchauffement climatique et le terrorisme en démontrant qu’ il aggrave des facteurs de terrorisme, de famine et de maladies infectieuses existants :

“Les conséquences du réchauffement climatique risquent de déstabiliser d’autres pays. Elles compliqueront l’accès à l’eau et à la nourriture, endommageront les infrastructures, contribueront à la propagation des maladies, déracineront les populations, entraîneront des migrations de masse, interrompront l’activité commerciale et réduiront l’accès à l’électricité”, expliquait-il.

“Ces évolutions pourraient ébranler des gouvernements déjà fragiles et incapables de trouver des réponses efficaces ou de rivaliser avec les gouvernements stables, tout en augmentant les tensions et la compétition entre pays pour accéder à des ressources limitées. Ces déficits de gouvernance favorisent les idéologies extrémistes et les conditions propices au développement du terrorisme.”

En 2015, Mary Robinson, Présidente de l’Irlande de 1990 à 1997, mettait en garde contre ce double fléau en affirmant que “changement climatique et radicalisation seront vraisemblablement de plus en plus liés » :

« Dans un monde où le changement climatique exacerbe les problèmes quotidiens de populations dont la pauvreté ou le statut social fragilisent déjà les droits, les risques de radicalisation sont très élevés. On voit apparaître de plus en plus de preuves des liens qui unissent les conflits et le changement climatique. »

A cette même époque, les chefs d’État du monde entier reconnaissaient que le changement climatique représentait une menace évidente pour la sécurité.

Le président américain Barack Obama déclarait ainsi : « This is an economic and security imperative that we have to tackle now. » *

Tandis que David Cameron annonçait : « Climate change is one of the most serious threats facing our world. And it is not just a threat to the environment. It is also a threat to our national security, to global security, to poverty eradication… »

Avant les attentats de Paris de 2015, au Royaume-Uni, le prince Charles avait également fait le lien entre le changement climatique et la guerre en Syrie. Il disait alors : « Nous refusons de gérer le problème. C’est terrible à dire, mais certains d’entre nous disaient déjà il y a vingt ans que si on ne prenait pas ces questions-là à bras-le-corps, la pénurie de ressources engendrerait de plus en plus de conflits et la sécheresse, de plus en plus de difficultés. Tout cela s’ajoute aux effets cumulés du changement climatique, et force les populations à se déplacer. »

En 2016, c’est Bernie Sanders, l’adversaire d’Hillary Clinton pour l’investiture démocrate à la présidentielle américaine, qui affirmait, en citant des rapports du Pentagone et du ministère de la Défense, que « le dérèglement climatique est directement lié à l’expansion du terrorisme. »

En avril 2017, c’est au tour de l’Allemagne de se pencher sur la question et de constater que le changement climatique est le terreau du terrorisme.

Le think tank allemand Adelphi publie alors un rapport intitulé « Insurrection, terrorisme et crime organisé face au réchauffement climatique. » ****

Lukas Rüttinger, auteur du rapport, affirme bien que le changement climatique ne crée pas les terroristes, mais qu’il contribue à créer un environnement favorable à son développement: rie« Les groupes terroristes utilisent de plus en plus les ressources naturelles comme une arme de guerre, en contrôlant leur accès et en exacerbant les pénus. Plus les ressources sont rares, plus le pouvoir de ceux qui les contrôlent augmente. »

En France, c’est depuis 2016 et plus particulièrement en cette année 2017 que la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) met clairement en avant que les défis des changements climatiques affectent d’une façon ou d’une autre la sécurité humaine.

« Les changements climatiques à eux seuls ne sont pas directement responsables du déclenchement d’un conflit, mais contribuent à aggraver la situation économique, sociale, politique et militaire dans certains pays en favorisant l’apparition de crises internes, elles-mêmes susceptibles de déboucher sur des crises régionales et internationales. » *****

Un contrat-cadre est coordonné par l’Institut des relations internationales et stratégique (IRIS) autour d’une équipe pluridisciplinaire d’une trentaine de chercheurs internes et externes (FRS, GRIP).

Les militaires américains et britanniques ont pleinement intégré le dérèglement climatique dans leurs préoccupations et leur doctrine.

A part bien sûr, Donald Trump.

La France s’y met.

Les commentateurs zélés continuent à s’en moquer. Encore et encore… Pire ! Ils nient le lien de cause à effet entre dégradation du climat et terrorisme.

Bien grand risque que voilà !

Alors, par Jupiter ! Quel crime de de lèse-majesté Emmanuel Macron a-t-il commis ?

Aucun, sinon d’avoir dit la vérité : “On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique »

Une vérité que certains choisissent de condamner. Le réchauffement climatique est le terreau du terrorisme. Il n’en est pas la seule cause.

Gardons -nous donc des procès politiques. Tous les maux doivent être traités en connaissance de cause et éradiqués là où ils prennent racine. Mais on ne peut prétendre combattre durablement le réchauffement climatique et le terrorisme en niant des causes avérées .

Ce qui me laisse à penser à ce fameux procès qui condamna à la prison à vie celui qui osa dire:

« E pur si muove ! »

Danièle NOËL
Présidente MoDem 54

Photo credits: Kurdishstruggle/Flickr.com [CC BY 2.0]

Sources :

* http://www.reuters.com/article/us-climatechange-summit-obama-resources-idUSKBN0TK4LW20151201

** https://www.usatoday.com/story/news/world/2015/11/23/prince-charles-syria-climate-change/76248500/

*** https://www.youtube.com/watch?v=ojFfyQFIINc

**** https://www.climate-diplomacy.org/publications/insurgency-terrorism-and-organised-crime-warming-climate

https://www.theguardian.com/environment/2017/apr/20/climate-change-will-fuel-terrorism-recruitment-adelphi-report-says

***** http://www.defense.gouv.fr/dgris/recherche-et-prospective/observatoires/observatoire-geopolitique-des-enjeux-des-changements-climatiques

Quelques autre liens encore par ici :

http://www.agenceecofin.com/securite/2104-46786-le-changement-climatique-favorise-le-terrorisme-et-le-crime-organise-etudes

https://www.consoglobe.com/comment-le-changement-climatique-renforce-les-groupes-armes-et-terroristes-cg

http://www.tpi.it/mondo/africa-e-medio-oriente/cambiamento-climatico-aiuta-reclutamento-terroristico

http://www.novethic.fr/empreinte-terre/climat/isr-rse/comment-le-changement-climatique-exacerbe-la-menace-terroriste-144385.htm

Accord de Paris: Contre vents et marées

Ce 1er juin 2017, le président américain a annoncé le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris.

Le 12 décembre 2015 , l’Accord de Paris apparait comme une grande date pour la planète. C’est un accord sans précédent sur le réchauffement climatique qui est officiellement adopté par 195 pays au terme de deux semaines de discussions.

Il fixe un engagement international à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici à 2050.

Pour le 45e président des États-Unis, le changement climatique est une vaste farce. Il ne croit pas au changement climatique; à l’image de quelques-uns qui ne croyaient pas en leur temps que des hommes avaient pu poser un pied sur la lune.

Il l’a dit et répété :

« La propreté de l’air est un problème pressant. On veut un air et une eau propres. C’est très important pour moi, et j’ai gagné des prix environnementaux. Mais je ne crois pas au changement climatique. On a appelé ça le réchauffement de la planète, le changement climatique, maintenant ils appellent ça une météo extrême, c’est nouveau, car la météo semble être un peu plus extrême. C’est juste la météo. Ça a toujours été comme ça, le temps change, il y a des tempêtes, de la pluie, et des belles journées. Mais je ne pense pas qu’on doive mettre les gens de notre pays en danger. « 

« Le changement climatique est un concept créé par et pour les Chinois pour porter atteinte à la compétitivité des entreprises américaines. »

Il a flatté ainsi une partie de son électorat qui se complaît à polluer à tout va ainsi que les conservateurs qui se sont montrés très opposés à des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’agenda environnemental de Barack Obama.

Les réactions de colère ou déception fusent de toutes parts aujourd’hui suite à la décision du président des États-Unis.

Il m’apparaît que pester contre un homme qui se complaît dans « une marque de fabrique » n’aura que pour effet de le renforcer dans sa démarche.

L’outrance est son jeu politique, il fait fi de toute précaution et ne s’embarrasse guère de ce que le reste du Monde peut penser, de l’Union européenne encore moins.

Sa posture reste pour l’essentiel une politique de démolition ; celle de défaire, à grands coups d’éclat, d’outrance de tweets et de « pousse-toi de là que je m’y mette », tout ce que Barack Obama a construit.

Aussi dangereuse que puisse être sa méthode, elle est diablement « porteuse ».

La déplorer, la fustiger, la condamner ne suffiront pas.

À l’instar du président de la République, Emmanuel Macron, il nous appartient, face à une telle décision suicidaire pour l’environnement, de ne rien lâcher des objectifs de l’Accord de Paris, de poursuivre ces engagements et d’appeler à lutter contre vents et marées pour une politique raisonnée.

And « Make our planet great again »

Nous sommes à l’aube de mille et un défis alors que le cours de l’histoire se voit transformé par le Brexit , l’élection de Donald Trump et celle d’Emmanuel Macron.

Il est urgent que face à une telle situation, l’Union européenne fasse bloc et s’exprime d’une seule voix, ferme et déterminée.

Pour reprendre le message d’espoir qu’ a lancé dans son dernier ouvrage l’ancien premier ministre italien , Enrico Letta, il nous faut agir avec rapidité et efficacité pour sortir de cette tempête qui menace notre continent:

« Contre vents et marées »

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

Vendredi 2 juin 2017

Taxe carbone : OUI !!! Mais ….

… AUSSI SUR LES PRODUITS IMPORTÉS.

AUSSI SUR LES PRODUITS IMPORTÉS…..

L’urgence climatique ne saurait être contestée ! Le réchauffement de la planète est rapide, et un large consensus scientifique est maintenant établi pour affirmer que l’émission des gaz à effet de serre résultant des activités humaines en est la source principale (sinon unique?) : D’une part, l’utilisation massive des énergies fossiles (charbon et lignite, pétrole et dans une moindre mesure gaz naturel) conduit à des émissions considérables de dioxyde de carbone (CO2) et, d’autre part, le développement important de l’élevage de ruminants entraîne d’importantes émissions de méthane (qui, rappelons-le à une activité comme gaz à effet de serre bien plus importante que celle du CO2). Mais il ne faut pas non plus sous-estimer le caractère amplificateur du réchauffement qui entraîne lui-même l’émission du méthane piégé depuis des millénaires dans le sol gelé (permafrost) des régions arctiques…. La machine climatique est déréglée et va s’emballer !

Il faut donc agir et vite et au niveau mondial ! La première urgence est incontestablement de diminuer l’utilisation des combustibles fossiles par deux moyens : Diminuer notre consommation d’énergie et substituer les combustibles par d’autres énergies non émettrices (renouvelables et nucléaire). Compte tenu des investissements en jeu (des centaines de milliards rien qu’en France) et des temps de mise en place (des dizaines d’années), il s’agit d’une profonde mutation à engager rapidement mais intelligemment ! Disons tout d’abord (et disons–le fort) que notre pays a des émissions par habitant nettement inférieures à celles de tous les autres grands pays. Il serait donc totalement inapproprié de nous voir imposer des efforts identiques en termes de baisses des émissions à ceux que les « grands émetteurs » devront consentir (USA, Chine, Australie, Canada, Allemagne).

Pour rendre cette mutation possible dans l’économie de marché libre-échangiste qui est celle de nos pays développés, le nouveau ministre de l’environnement vient d’indiquer qu’il entendait mettre en place un taxe carbone très incitatrice pour diminuer l’utilisation des combustibles fossiles. Il s’agit d’un outil qui pourrait être efficace mais qui pourrait générer aussi un immense danger :

– Outil efficace s’il est généralisé, c’est-à-dire que cette taxe élevée puisse créer une réelle compétitivité aux énergies non émettrices qui, aujourd’hui conduisent à des prix nettement supérieurs à ceux obtenus en utilisant le charbon ou le pétrole ; mais peut-on réellement penser qu’un consensus mondial pourrait se faire autour des modalités d’application d’une telle taxe, alors qu’au sein même de l’Union Européenne un tel consensus est difficile à trouver ?

– Outil potentiellement très dangereux pour l’industrie lourde grande consommatrice d’énergie dans les pays qui appliqueront cette taxe qui rendraient leurs productions non compétitives par rapport à celles des pays ne l’appliquant pas ; nos usines fermeraient et les produits seraient alors importés – car nous en avons besoin ! – alors qu’ils seraient souvent élaborés en émettant plus de gaz à effet de serre que s’ils continuaient à être produits en France. Et il se trouve que nous sommes tous sur la même planète !

Comment sortir de ce dilemme sauf à sortir du libre-échangisme avec les conséquences incalculables qui en résulteraient (sanctions réciproques, etc.) ?

Il me paraît tout à fait possible de rétablir la compétitivité de nos industries en faisant supporter la taxe carbone aux produits importés. Il est en effet assez facile de coter une sorte de « teneur carbone » pour de nombreux grands produits (comme les aciers, l’aluminium, les produits pétrochimiques, le ciment, le verre, etc.), et même pour de nombreux produits manufacturés.

Dans notre propre région, une taxe carbone élevée généralisée entraînerait notamment la ruine des industries du sel (carbonate de soude à Dombasle et à Laneuveville, sel à Varangéville), des hauts-fourneaux de Pont-à-Mousson, mais également de nombreuses autres usines (papeteries, cristalleries, etc.), voire même les cimenteries. De plus, une augmentation de la taxe sur la consommation d’énergie électrique – existante mais susceptible d’être fortement revue à la hausse – menacerait directement l’aciérie électrique de Neuves-Maisons (recyclage de ferrailles) et l’usine d’aluminium de Marckolsheim en Alsace.

Faute d’imposer la taxe carbone (et éventuellement la taxe sur la consommation d’électricité) sur les produits importés, il n’y aura bientôt plus en France de raffineries de pétrole et d’unités pétrochimiques, ni de cimenteries, ni de verreries, ni de sidérurgie, etc. Et les engagements de diminution des émissions nationales seront alors très facilement remplis ! Même si, au final, les conséquences en seront ruineuses sur le plan économique, inacceptables sur le plan social et désastreuses sur le plan environnemental !

Il est plus que jamais URGENT d’agir car une telle taxation est probablement incompatible avec les règlements ultra-libéraux de l’Organisation Mondiale du Commerce et le combat sera rude n’en doutons-pas !

Michel PERRUT,
mperrut@free.fr

L’Europe, une idée neuve !

 

Tout un mois pour partages, débattre et célébrer l’Europe !

Bien des choses ont été dites sur l’Europe.
Soixante ans après la signature des Traités de Rome, symbole de renaissance d’un continent épris de paix et de liberté, l’Union Européenne affronte les questions et les doutes de notre temps.
Face aux incertitudes et aux migrations, face aussi à la révolution numérique et au péril climatique, qui changent la donne de nos existences, la Ville de Nancy, portée par sa foi en l’avenir, est fière de vous inviter à la 15ème édition du Mai de l’Europe, intitulée « L’Europe, une idée neuve ! »

Pendant un mois, associations, artistes, citoyens, chercheurs et diplomates européens se retrouvent dans notre ville pour dialoguer, se rencontrer et montrer que cette grande union se vit tant à l’échelle des nations que dans les écoles et les cafés, sur les planches des théâtres ou les terrains des sports, en France, en Finlande ou en Italie.
Parmi les moments immanquables, nous vous invitons, le 9 mai, à écouter le plaidoyer de l’ambassadeur Pasquale Baldocci, dernier témoin de la signature des Traités de Rome, sous le haut patronage duquel notre événement est placé.

Sans doute nous invitera-t-il à réfléchir à cet idéal de fraternité, que résumait si bien Jean Monnet en ouverture de ses Mémoires, et auquel nous sommes irrémédiablement attachés : «Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes».

Consultez l’Agenda du Mai de l’Europe 2017

Téléchargez la brochure officielle du Mai de l’Europe 2017

Tribune démocrate: L’appel des élus !

En deux jours, des élus des quatre coins de France sans appartenance politique, de droite ou du centre ont décidé de signer une tribune. Danièle Noël a signé. Pourquoi ?

« En deux jours, nous sommes plus de deux cents élus, sans étiquette, de droite ou du centre à appeler ensemble les électeurs à faire un choix de priorité et de responsabilité en se portant dès le 1er tour de l’élection présidentielle sur la candidature d’Emmanuel MACRON, le mieux placé pour donner des perspectives d’espoir au pays tout en faisant barrage aux extrêmes.
J’ai signé cette tribune.

Les raisons de mon choix:

Depuis trop longtemps déjà, on disserte ici ou là sur la défiance des citoyens à l’égard des politiques. On s’alarme sur le fossé grandissant qui se creuse à un point tel que l’on parle de fracture, de divorce.
Cela devient la même rengaine après chaque élection et l’on entend des »Ouf! » de soulagement quand le vote extrême n’est pas passé loin ou que le front républicain a servi à sauver la mise. Certains en tirent les enseignements, en se disant « plus jamais ça! » Pour d’autres, cela dure l’espace d’un instant; un instant seulement.
L’actuelle campagne présidentielle n’arrange rien à l’affaire.
On continue à voir la montée des extrêmes; ils soufflent sur les braises, se dédiabolisent pour manipuler les sentiments et jouent avec la peur, la colère, l’agressivité, la haine, les rumeurs et les invectives. C’est leur marque de fabrique, leur fond de commerce.
Quant aux affaires qui entachent cette campagne présidentielles, elles alimentent plus encore ce désamour de la classe politique dans son ensemble et flattent la tentation extrémiste.
Pire, dans un tel contexte, c’est la politique qui est salie, souillée! Cette campagne délétère ne semble désormais plus avoir qu’un sale goût de revanche animée au son des sifflets et des huées et ratisse très largement sur un champ radical.
Nous sommes face à un mauvais « remake » des « Tontons flingueurs ».

Et les citoyens dans tout ça ?

Beaucoup se sentent désabusés.
Mais croire qu’ils se désintéressent de la vie politique, c’est faux !
Ils sont toujours aussi nombreux à s’engager d’une manière ou d’une autre dans la vie de la cité pour agir dans le bien de la démocratie et de la république.
Affirmer que les citoyens en ont assez ? C’est vrai !
Ils en ont assez des vieilles ficelles politiciennes, de la petite cuisine entre amis, des promesses jamais tenues qui ne mènent nulle part, des attaques et des répliques assassines.

Alors, qui sommes-nous ?

En deux jours, nous, élus de la République, « petits élus » comme il est d’usage de dire, « petits élus » qui ne faisons pas le JT de 20 heures, nous avons décidé de dire « Stop! » et “Go!”
Stop ! Parce que faire de la politiquement autrement, c’est possible dès lors où on commence par penser la politique autrement.
Stop ! Parce qu’avec un peu de courage nous pouvons avancer et faire changer les choses.
La politique, nous l’avons chevillée au corps par ce qu’elle a de plus beau et de plus noble : faire, agir, ensemble, pour une politique de projets, pour l’intérêt de tous et de chacun.
Nous, élus de la République, nous avons décidé de nous unir, sans afficher d’étiquette partisane, au-delà des habitudes d’appareils de partis traditionnels et de leurs méthodes d’un autre temps.
Nous voulons montrer que la spirale infernale dans laquelle certains veulent nous entraîner, non seulement nous la refusons mais nous sommes prêts à la défier.
Parce qu’il est urgent de remonter la pente et de recréer une société unie et solidaire.
Et « Oui! », il est possible d’incarner une nouvelle façon d’être et tous les politiques ne sont pas à mettre dans le même panier.
Nous voulons bâtir pour vous un projet, nous voulons créer un élan, un espoir de renouvellement.
Nous en sommes capables. Nous le faisons au quotidien dans nos fonctions d’élus, le plus souvent dans des majorités pluralistes. Ce n’est pas faciel ? Qu’à cela ne tienne, c’est pour cela que nous avons choisi d’être élus et d’agir pour vous !
Pour cela, il nous faut dès à présent nous rassembler pour demain réhabiliter tout ce qui permet aux hommes et aux femmes d’œuvrer ensemble et de prouver, ainsi que nous venons de le faire au travers de cette tribune, que nul n’est propriétaire d’un camp.
Seul un candidat nous permet d’unir nos forces; c’est Emmanuel Macron.
Face au risque d’un duel entre les extrêmes, la responsabilité des électeurs républicains et démocrates est de voter Emmanuel Macron.
Nous comptons sur vous et nous ne céderons pas au pessimisme et encore moins au défaitisme.
Merci. »

 

Danièle NOEL
Présidente du MoDem 54

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