Le MoDem 54 soutient les salariés de SoLocal.

Danièle Noël, présidente du Mouvement Démocrate de Meurthe-et-Moselle (MoDem 54) et Antoni Banasiak, délégué départemental sont allés ce jeudi 12 avril à la rencontre des salariés de SoLocal et des représentants de l’intersyndicale.

 

Depuis des mois, les employés de SoLocal manifestent pour sauvegarder leurs emplois et défendre une entreprise à laquelle ils sont profondément attachés.
Pour l’opinion publique, le nom de SoLocal n’interpelle pas vraiment.
Lorsque l’on sait que SoLocal Group est l’ex-filiale de France Télécom, l’héritier des annuaires téléphoniques PagesJaunes, qu’il détient Mappy et Ooreka et « À vendre À louer », et que ses partenaires sont les acteurs mondiaux de l’Internet comme Apple, Google, Bing, Yahoo! et Facebook, cela parle d’avantage au grand public.

 

Les PagesJaunes ne sont déjà plus à l’image des célèbres annuaires papier du nom de leur créateur Sébastien Bottin en 1763. Ces annuaires papier vont d’ailleurs subir une mort annoncée.

Les PagesJaunes ont suivi la nécessaire évolution numérique. Elles sont présentes sur Internet depuis 1997, et la première application mobile a été lancée en 2000.
Le groupe réalise 80% de son activité avec Internet. Il peut s’appuyer sur sa présence ancienne sur la toile et un personnel qui s’est formé et adapté à la révolution digitale.
La vie de cette société au fil du temps a toutefois été chaotique. Certains dont le principal actionnaire, dénonçant une opacité, avec « de multiples conflits d’intérêts » qui en firent « un arrangement entre amis sur le dos de l’ entreprise. »
Elle se veut désormais nouvelle et clairement identifiée pour une expérience utilisateur enrichie « full Web & Apps » : « Digital Presence », « Digital Advertising », « Digital Sites », « Digital solutions », « Print to digital »…
L’utilisateur -artisan, PME, startup ou autre- devrait donc s’y retrouver. Ou pas.
Le défi est posé ; il s’appelle SoLocal 2020.

Aujourd’hui, les salariés des PagesJaunes broient du noir.

Après avoir accepté une remise en question de leur entreprise, s’être pliés au jeu de la concurrence et de l’évolution du marché, les salariés ont appris de manière brutale la lourde restructuration mise en place par les nouveaux dirigeants qui sont l’ex-patron de Numericable et celui de Microsoft Europe de l’Ouest, respectivement comme président et DG du groupe.

La survie du groupe est impérieuse. Elle exige une reprise en mains cohérente.
Il n’est pas ici question de remettre en cause cette exigence de survie.

Cependant, il est permis de constater que la méthode est drastique et la stratégie obscure.
Pour les salariés, l’annonce a été faite soit par visioconférence soit par voie de presse. Le plan vécu par les salariés comme « brutal », « violent », « ignoble » et « injuste » va supprimer 1.000 postes, sur près de 4.500, pendant la période 2018-2019, dont 800 dès cette année. Le plan «de sauvegarde de l’emploi» présenté par la direction de SoLocal qui emploie en France 4 500 salariés passe donc par la suppression de 1000 emplois.

Sur les 19 agences implantées actuellement en province, 15 seront supprimées ; le compte est vite fait, il n’ en restera que quatre et le mode d’ordre sera : « business continuity ».
La Région Grand Est verra ainsi ses deux agences fermer : celle de Strasbourg et celle de Nancy. À Nancy, 56 postes doivent déjà être supprimés d’ici à décembre.

Quelle stratégie à long terme ?

Sans entrer dans le douloureux facteur humain que toute suppression d’emplois engendre, il est permis de s’interroger sur la stratégie mise en place par le groupe SoLocal de vouloir déserter le Grand Est et la cité ducale.

Sur notre territoire en pleine évolution, nous avons pleinement mesuré les enjeux de la révolution digitale. Alors que certains exacerbent les aspects les plus anxiogènes du numérique, nous en faisons un vecteur d’avenir.

Alors que SoLocal mise sur l’évolution numérique, ce groupe choisit d’abandonner un territoire qui s’est vu labellisé LORnTECH.

Ce label confirme le fort potentiel de développement de l’économie du numérique en Lorraine. Il couronne la reconnaissance nationale d’un territoire dédié à la réussite des entreprises du numérique, avec la présence de dispositifs de soutien, d’accompagnement et d’accélération uniques à l’instar du Paddock mais également grâce à une mobilisation conjointe des collectivités, des entreprises et des clusters.
LORnTECH s’affirme comme un vivier de talents, d’envies et d’énergies qui s’appuie sur une volonté d’avenir et sur un capital humain.
Ce capital humain est composé de KBC, de « Knowledge Based Capital » comme le définit l’OCDE, ou de capital en devenir puisque les quinze écoles d’ingénieurs nancéiennes tirent une dynamique portée par des champions émergents du numérique. Cette dynamique a, et aura, valeur d’exemple et d’émulation.
Dans la même logique, les territoires qui vont également le mieux réussir à moyen terme seront celles qui auront réussi à massifier des systèmes de formation de qualité.

Le MoDem 54 s’interroge de savoir si SoLocal ne ferait pas le choix de quitter le train de l’avenir à l’heure où il se met en route.

SoLocal dispose actuellement d’un capital humain prêt à accélérer une nouvelle fois la transition numérique ; ce sont ses employés. Ils sont prêts à entendre, à dialoguer, à se former. Ils en ont les compétences, l’envie, le besoin.
La valeur ajoutée qu’ils apportent et qui ne se mesure pas dans le big data, c’est que tous aiment leur entreprise et ont cette volonté chevillée au corps de la faire perdurer.

Le projet SoLocal 2020 peut s’inscrire dans la dynamique numérique mise en place à Nancy, dans la Métropole du Grand Nancy, dans le Sillon lorrain, dans une région prometteuse tournée vers nos partenaires européens.

Pour toutes ces raisons, le MoDem 54 soutient pleinement les salariés de SoLocal et souhaite vivement qu’une stratégie pérenne, humaine, agile puisse être trouvée en tenant compte du fort potentiel digital mis en œuvre au niveau local.

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

#SoLocal #PagesJaunes #MoDem54

Efficacité énergétique : une question hautement politique !

Le 15 février, j’ai accueilli à Nancy et à Villers-les-Nancy, Yann Werhling, porte-parole et secrétaire général du MoDem.

L’équipe du MoDem 54 avait concocté à Yann Wehrling un programme bien rempli orienté essentiellement sur les thématiques de l’environnement, de la transition énergétique et écologique.

En matinée, nous nous sommes rendus à Villers-Clairlieu, un lotissement situé à Villers-les-Nancy, où les pavillons en béton construits au début des années 70 sont de véritables passoires énergétiques.
Face à ces problèmes énergétiques, des habitants de ce secteur résidentiel se sont engagés pour lutter contre la précarité énergétique et le réchauffement climatique ; une initiative unique en France.

Cette démarche écologique, mais aussi solidaire, est née en 2009, avec la création de l’Association « Clairlieu EcoDéfi ».

« EcoDéfi » a pour but d’informer et de former les citoyens et les professionnels à l’économie d’énergie sur un territoire, de fédérer les habitants d’un territoire autour d’un projet collectif de maîtrise de la demande en énergie (MDE), et de réduction des gaz à effet de serre, d’engager le territoire sur une réflexion de développement solidaire et durable et de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires à la réalisation de ces projets.
Depuis 2009, elle demeure néanmoins un acte militant.

Accueilli par des habitants de Villers-Clairlieu et des membres de l’association, Yann Werhling a pu prendre la juste mesure des actions menées et des difficultés rencontrées.

Lors de la conférence sur la transition énergétique à laquelle il a participé l’apres-midi à Nancy, le secrétaire général du MoDem a réitéré la nécessité politique de faire de l’efficacité énergétique un service public !
La rénovation énergétique, l’efficacité énergétique ne peuvent se contenter d’être un acte militant.
Elles doivent devenir un acte responsable et politique.

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

#MoDem #MoDem54 #Environnement #EcoDefi #GrandEst #Nancy #Villers

Extrait :

Montée de l’extrémisme et du populisme, où en est l’Europe ?

 

 

EuRegio, l’association des communes de la Grande Région dont j’assure la présidence , a organisé une journée d’études transfrontalières le 19 octobre à l’Institut Régional du Travail Social (IRTS) de Lorraine au Ban St Martin, sur le thème :

“ Montée de l’extrémisme et populisme, où en est l’Europe ?”
“Quelle efficacité ont les programmes de jeunesse pour lutter contre ce phénomène.”

Les résultats des dernières élections en France comme en Allemagne ont montré clairement cette montée des populismes, et ce paradoxalement dans des zones frontalières. Soixante ans après la signature du Traité de Rome, à l’heure où nous fêtons le 30ème anniversaire du programme ERASMUS, toute l’Europe connaît une période de repli sur soi, de montée des extrémismes et des populismes. Aucune de nos régions n’est épargnée.

Dans une région comme la nôtre, marquée par le fait frontalier, où nombre de nos citoyens profitent de l’ouverture des frontières européennes, mais aussi dans notre région, ancienne terre d’immigration, nous avons souhaité échanger et confronter les pratiques de nos différents services de jeunesse. Nous sommes convaincus qu’il est primordial de lutter contre toute forme de radicalisation le plus tôt possible tout en mettant en avant tout le potentiel qu’une région transfrontalière comme la Grande Région peut apporter à la jeunesse.
Avant de vous présenter un compte-rendu de ces échanges riches d’enseignement et des projets qui en découleront, je vous livre ici le discours que j’ai prononcé en introduction de cette journée.

Bonne lecture !
Danièle Noël

« Nous avons devant nous une journée de travail et de réflexion sur un sujet malheureusement toujours d’actualité puisqu’il concerne l’extrémisme et le populisme en Europe.
Nous aurons également à partager les actions qui sont déjà mises en place notamment à l’égard de la jeunesse et discuter de celles que nous devrons construire pour que ce fléau qui gangrène de nombreux pays européens cesse enfin.

La raison de cette thématique

Parce que nous sommes face à une situation assez inédite depuis la seconde guerre mondiale, parce que, outre ces montées du populisme et de l’extrême droite, nous assistons à une sorte de repli sur soi de l’individu et de la société, il nous est apparu essentiel de réunir autour d’une table des acteurs de notre Grande Région; cette Grande Région que nous pouvons considérer comme un véritable laboratoire européen, accueillant, ouvert et multiculturel.
Un tel repli sur soi ne s’explique pas toujours et uniquement par la crise économique. Il n’y a pas de caractère systématique entre situation socio-économique, immigration et extrême droite.
Il y a une combinaison d’éléments, un sentiment de crise générale, née de la complexification du monde et des crises récentes, comme celle de l’Euro ou des réfugiés, du Brexit et celle des vagues d’ attentats qui font que nous pansons nos maux, sous le joug de barbares sanguinaires qui s’attaquent aux valeurs de nos démocraties.
Cette complexité peut entraîner une forme de nostalgie pour une époque où le fonctionnement du monde reposait sur deux systèmes antagonistes. Elle peut aussi provoquer la réaction de voter pour des partis qui proposent des solutions simplistes, comme les partis d’extrême droite, mais, nous le savons bien, qui sont irréalistes voire mortifères.
L’extrême droite et les partis populistes ne sont pas des partis politiques comme les autres. Il faut le dire et le redire. Ces partis, s’ils arrivaient au pouvoir, ne prendraient jamais des mesures qui maintiennent l’ordre démocratique. Et pourtant, ils progressent.
Le populisme se fonde sur une idéologie qui fait la promotion du “peuple” – imaginaire ou réel, majoritaire ou identitaire en développant un discours fondé sur une triple méfiance : contre les élites, contre un système caché ( la théorie du complot) , contre l’internationalisme et l’union européenne.
En septembre, le journal français « Libération » titrait ainsi sa une : « Nazis, la 3ème génération ». Une une à faire froid dans le dos pour tous ceux qui portent un regard éclairé vers le passé et se souviennent de l’audace des Pères fondateurs de l’Europe qui au lendemain de la seconde guerre mondiale avaient bousculé les États Nations pour construire un espace de paix.
Ce titre ne renvoie pas qu’aux heures sombres qui ont marqué nos amis et voisins allemands; il marque une génération, jeune, qui naît en Hongrie, en Suède, en Autriche, en France et ailleurs, où les militants extrémistes ne se cachent plus. Des militants défilent encore avec flambeaux et blousons noirs, poings tendus, dans les rues de Paris. Certains « citoyens du Reich » vont jusqu’à s’inventer des mini-Etats personnels. Leur stratégie : avancer masqué derrière des prétextes culturels. Leur objectif : distiller la peur de l’islam et des immigrés. Leurs effectifs grandissent en même temps que l’extrême droite engrange les résultats électoraux.

Pourquoi donc une telle montée des extrêmes?

La crise des réfugiés a certes contribué à créer une dynamique qui rend plus audible le discours d’extrême droite.
En Europe, une vague populiste cherche à rejeter la responsabilité de la stagnation économique actuelle sur les migrants, qu’ils viennent d’Europe ou d’ailleurs. Encouragée par les populistes, une partie grandissante de la population considère que les droits humains ne protégent plus que ces « autres » personnes, ces réfugiés, et non pas eux-mêmes.
Aux yeux des populistes, c’est un risque d’ invasion, de violation de leur propre identité voire de transgression de leur culture; cela se traduit par une préférence nationale qui l’emporte trop souvent sur l’universalité.
Mais par définition, les droits humains ne se prêtent pas à une application à la carte.

Les réactions des dirigeants politiques

Aujourd’hui, c’est en tant que présidente d’Euregio Saar-Lor-Lux que je m’exprime, mais aussi en tant qu’élue et politique. Je ne serai cependant pas tendre à l’égard d’une certaine classe politique.
Face à une telle situation, certains dirigeants politiques font le jeu de l’autruche, enfouissant la tête dans le sable, dans l’espoir que la tempête populiste s’essouffle.
D’autres, n’hésitent pas à flatter les passions populistes et jouent des numéros d’équilibristes pour glaner quelques voix lors des élections.
Quant aux démagogues, ils sont experts dans l’art de proposer de fausses explications et de fausses solutions à des problèmes bien réels afin de remporter l’adhésion du public. Ils brossent dans le sens du poil…
Et puis, il y a aussi et surtout ces dirigeants, ces partis politiques nationaux qui se servent de l’Europe pour expliquer et camoufler leurs propres faillites nationales, qui rendent l’Europe responsable de leurs propres maux.
Tout ceci est un jeu bien dangereux qui ne fait qu’accroître la montée en puissance des populistes, le mécontentement grandissant de la population vis-à-vis du statu quo et de leurs dirigeants politiques.

La colère du peuple européen contre les dirigeants

Mais, le peuple européen est en colère. Et donc, l’extrême droite et les démagogues prospèrent sur la colère, le ressentiment, la pulsion.
Jamais sur la réflexion.
Les peuples européens aujourd’hui sont animés par un mélange étrange de peur et de colère.
Un continent qui a dominé le monde avant de s’effondrer dans les abysses de l’horreur et en renaître pourrait estimer que le pire est derrière lui. Pourtant, il semblerait que nous nous retrouvions tétanisés et que seule domine la colère. Cette colère se traduit contre les dirigeants. Comme s’ils étaient responsables de cette peur.
Par un étrange hasard, ceux qui soufflent sur les braises semblent disposer de moyens rarement accumulés pour attiser cette colère.
Cependant, tout cela semble plus de l’ordre du symptôme et n’explique pas l’acharnement à décrire la situation comme encore pire qu’elle ne l’est réellement. Car si les peuples sont en colère, et le font comprendre à travers des votes populistes, c’est donc que quelque chose ne fonctionne plus aussi dans la relation entre le peuple et les élus.
Car si ces crises ne sont ni nouvelles ni pires que d’autres, c’est qu’il y a peut être un autre motif sous-jacent. Et c’est à ce motif qu’il faudrait aujourd’hui répondre.

Le peuple européen a besoin de valeurs

Ce qui est troublant, dans la société hyperconnectée du XXI ème siècle, c’est ce besoin d’immédiateté, de consommation d’informations à tout va. Nous ne sommes plus lecteurs d’informations, nous sommes consommateurs. On n’apprend plus, on ingurgite. Sans recul, sans analyse, sans vérification. C’est la société du « buzz » et du « gobe-tout ». C’est l’inondation d’informations erronées, voire fausses, sur tous les sujets qui dépeignent la situation européenne comme systématiquement catastrophique et allant vers une effondrement total. C’est la faute à l’Europe entend-t-on trop souvent.
L’Europe est certes imparfaite et demande des réformes de fond pour devenir le véritable espace démocratique qu’elle aspire à être. Cependant, lorsqu’elle y parviendra, elle sera une démonstration à la face du monde que les despotes éclairés qui ont pris les commandes de tant de pays depuis ces dernières années ne sont que des aventuriers au petit pied servis par une chance insolente. S’il faut vous en convaincre, l’effondrement vénézuélien devrait nous servir de source de réflexions.
Contrairement à ce que beaucoup voulaient croire, l’Europe est encore loin de la maturité et sa construction commence à peine. Ce qui explique le succès du populisme, c’est que nous n’avons pas pu construire ce contre discours qui explique aux peuples que beaucoup reste encore à faire.
Nous avons pour le moment les outils pour construire notre liberté face à un monde qui ne rêve que de domination et d’asservissement. Et il est temps de s’en servir pour notre bien à tous, pour la défense du bien commun.

La nécessité de réaffirmer la défense du bien commun européen

La défense du bien commun passe par la défense des valeurs des droits humains et européens. Politiquement, elle passe par le statu quo, le compromis des modérés, n’en déplaise aux extrêmes. C’est bien autre chose qu’une posture politique, c’est un état d’esprit qui cultive une politique de projets.
Au Parlement européen, parler “des Allemands ”, “des Italiens”, des “Belges” ou des “Français”, n’a guère de pertinence. Le peuple européen dont les europhobes bornés prétendent encore qu’il n’existe pas et n’existera jamais, est bel et bien vivant. Alors, arrêtons de faire de l’Europe un bouc émissaire !
L’Europe est état d’esprit. C’est une forme d’audace, celle portée depuis des siècles par des pionniers, des optimistes, des visionnaires, et dont sans cesse, nous devons faire preuve. Cet état d’esprit se construit autour d’un projet au service de la défense des valeurs humaines et non pas focalisé sur l’économie. Avec un seul objectif : que l’Union européenne aujourd’hui qualifiée de lointaine, incompréhensible, parlant une langue pour initiés soit reconnue et redevienne aimée des peuples qui la composent.
Et parce que L’Europe, la Grande Région, c’est notre histoire commune, notre horizon, ce qui nous donne un avenir, elle est un super rempart contre la démagogie ! Disons-le haut et fort.
Cessons de jouer sur les peurs et cessons d’idéaliser l’Europe! Il nous appartient de cesser d’idéaliser l’Europe pour mieux la penser.

Poursuivons notre construction!

Et puisque la jeunesse est notre meilleur gage d’avenir, faisons-lui confiance et offrons-lui les clés de la réussite!

Je vous remercie. »

Danièle Noël
Présidente EuRegio

Visionnez l’intervention de Nathalie Griesbeck à l’occasion de ce séminaire.

Regards croisés Nancy Padoue

En marge de l’exposition qui se déroule dans les grand salons de l’hôtel de Ville de Nancy, en partenariat avec l’Association « Accademia Leonardo da Vinci », Danièle Noël était invitée sur RCF 54, en compagnie de Graziela Favorito, présidente de l’association. – Ecouter .

Fruit d’une alliance, née du jumelage en 1964 entre Nancy et Padoue, l’exposition présente vingt photographies réalisées par Ludovic FLORENT, auteur photographe, pour Nancy, et Fotoclub Padova, Mario DAL MOLIN, pour Padoue, dont la composante de leur travail repose sur la place de l’humain.

La Ville de Nancy initie régulièrement des échanges permettant de découvrir différentes facettes scientifiques, éducatives ou culturelles de sa ville jumelle italienne.
Cette série de clichés parallèles et complémentaires offre une vision croisée sur le sujet central de la danse. Ils nous transportent, nous questionnent et nous invitent au voyage, au partage, à l’échange et à la découverte de l’Autre sans aucune barrière de langue ou de couleur. Ils révèlent des corps de femmes et d’hommes, montrent la beauté telle qu’elle est « nue, naturelle, sensuelle, fragile et sensible, mais aussi gracieuse, affirmée et libre ».

Agir pour la mixité sociale

Le 3 Février, sans micro ni journaliste, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a réuni, rue de Grenelle, une centaine d’élus locaux, chercheurs, recteurs, mais aussi les fédérations de parents d’élèves et les représentants de l’enseignement privé… Tous volontaires pour «renforcer la mixité sociale dans les collèges». Vice-présidente du MoDem54 et conseillère municipale déléguée à l’enseignement à la Ville de Nancy, Sonia Sadoune représentait la ville de Nancy.

 

Autour de Najat Vallaud-Belkacem, une centaine d’élus locaux, chercheurs, recteurs, mais aussi les fédérations de parents d’élèves et les représentants de l’enseignement privé…

Officiellement lancé quelques jours avant les attentats du 13 Novembre , le projet de mixité sociale vise à «renforcer la mixité sociale dans les collèges».

Ateliers, échanges, autour de la sectorisation des élèves ou de l’attraction des établissements, la réunion motive les participants, issus de 20 départements, qui apprécient la méthode proposée par le ministère : « Nous ne leur imposons rien d’en haut, la démarche est d’accompagner, en leur donnant des outils pour travailler, explique l’un des conseillers de la ministre. Beaucoup d’élus ont accepté de participer, même des élus de droite, car ils ont été séduits par la méthode. »

La réunion se veut décisive. En termes de calendrier, si le ministère veut que l’expérimentation se concrétise dès la rentrée 2016 – avant la présidentielle –, il faut appuyer sur le champignon maintenant. Il s’agit donc convaincre les élus, souvent échaudés à l’idée de se mettre les parents d’élèves à dos, de ne pas s’arrêter aux bonnes intentions. Et de passer à l’action.

Partage de connaissances toute la matinée, dont chacun ressortira avec un vade-mecum des bonnes pratiques sous le bras. Et l’après-midi, des ateliers autour de questions pratico-pratiques, sous le patronage d’un chercheur : concrètement, comment fonctionne cette possibilité ouverte par la loi de dessiner un secteur multi-collège (on sort de la logique tel secteur dépend de tel collège et on crée des zones avec plusieurs collèges dedans où l’on affecte ensuite les élèves dans l’un ou l’autre…) ? Comment rendre un collège plus attractif ? Et surtout : comment convaincre les parents… sans leur donner l’impression de leur forcer la main ? Des nouvelles pratiques à mettre en œuvre dans la transparence et qui nécessiteront un effort d’adaptation et d’explication à tous les niveaux afin d’instaurer une meilleure confiance en l’institution, via une écoute des parents considérés comme acteurs de l’école et force de proposition.

Sortons de l’impasse !

En réaction à l’ interview de Jean-François Kahn : «Hollande, Sarkozy, Le Pen, un choix impossible»

Crédits photo : PhotoAllegory of Sarolta Bán

Crédits photo : PhotoAllegory of Sarolta Bán

La France stagne et s’enlise depuis plus de trente ans.

L’Europe patine depuis dix ans.

La vie continue à ronronner ; tantôt anesthésiée sous une torpeur estivale qui endort les esprits,  tantôt brutalement réveillée par des électrochocs dont on ne sait pas vraiment mesurer l’impact.

C’est un constat.

Sans doute un peu violent ou exagéré. Manichéen diront certains; ce qui n’est pas dans mon raisonnement habituel. Rien n’est tout blanc ou tout noir.

Les amateurs d’art savent que la couleur parfaite n’existe pas. Selon la lumière, les demi-teintes se révèlent. Toujours.

Des solutions existent pourtant pour sortir de cette crise. Parce que cette crise que nous subissons n’est pas qu’économique ; elle est également politique, sociale, morale.

Le souhaitons-nous vraiment ? J’entends par là, nous donnons-nous les moyens de sortir d’une crise qui nous mène droit dans le mur ? J’en doute. Le doux murmure du bouillonnement de culture se fait sourd et inquiétant.

Tout conduit actuellement au rejet de ceux qui sont aux manettes des commandes. Justement parce qu’ils commandent sans se soucier de l’autre, ou par méconnaissance de l’autre, du monde qui les entoure, que ce soit à l’intérieur de l’hexagone ou hors de nos frontières, ou par excès de dogmatisme…

Ce monde, quant à lui, devient individualiste ou plutôt replié sur lui-même par peur du lendemain. Cette peur que certains savent si bien faire naître, alimenter, nourrir, entretenir.

On joue avec le feu, on échauffe les esprits, les intellectuels se taisent. On efface tout espoir de rêve et d’imagination.

Plutôt que de regarder les problèmes droit dans les yeux, on met, ou on se met, des œillères.

Comme pour les chevaux, cela évite d’être harcelés par la mouche du coche, ça occulte les problèmes sans les régler, ça limite le champ visuel à ce qui est nécessaire pour une progression vers l’avant.

Bien sûr, l’esprit critique demeure; les « y’a qu’à, faut qu’on » sont légion. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs et les verbes d’état – être, paraître, sembler, demeurer- survivent aux verbes d’actions sous de grands effets de manches.

Un spectacle désuet qui n’amuse plus grand monde et fait même rire jaune ceux qui souffrent de crises de foi.

Cette simple introduction et ce petit billet d’humeur personnel pour vous inviter à lire l’ article de Jean-François Kahn.

On aime ou on aime pas Jean-François Kahn. Il a cet intérêt de ne pas laisser indifférent.

Lorsque j’ai fait sa connaissance, je ne lui ai pas réservé un accueil radieux.

Réflexe de méfiance; un journaliste qui se lance en politique, qu’est-ce que ça cache? Et puis, je le trouvais trop vieux pour commencer une carrière politique. Je le lui ai dit. Ça ne l’a guère perturbé.

Je le lui ai dit parce que j’ai, en politique, ce besoin de renouvellement,  de transmissions des savoirs, de passage de relais, tout ce que mon très cher ami Gilbert Antoine, qui me manque tant, m’a enseigné.

Alors, un défi avec Jean-François Kahn , une petite course à  pieds à deux, chrono en main,  dans les rues de Nancy m’a démontré vite fait qu’il ne fallait pas se fier aux apparences, se détourner des idées reçues et des clichés.

Jean-François Kahn m’a beaucoup appris, surtout parce que tous deux, nous partageons ce besoin de liberté dans l’analyse et l’appréciation des choses. Nous n’avons pas toujours les mêmes avis, et c’est tant mieux, tant sur la forme que sur le fond.

Aujourd’hui, je partage totalement le constat qu’il nous dresse et nous adresse.

Peut-être faisons-nous partie de ce monde d’illuminés comme certains jugent aussi facilement mon ami Jean Lasssalle avec qui j’ai passé de longues heures à aller à la rencontre des Français.

Chaque aventure humaine en politique, chaque rencontre, que ce soit avec des « élites » , des personnalités connues ou inconnues, fait grandir et avancer.

Je le dis en toute modestie et humilité. Il nous reste tant à apprendre, il me reste tant à connaître pour participer à faire éclore cette politique humaniste que j’espère si intensément voir naître un jour.

Modeste illuminée qui a envie de donner de l’espoir et qui est surtout guidée par l’état du  monde qu’elle va laisser en héritage à ses enfants.

Modeste illuminée qui n’a pas envie de trembler et de voir vieillir l’horloge du temps. Vous savez, cette horloge dont Brel  disait :

« Et s’ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d’argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends. »

Modeste illuminée qui croit encore en l’Homme et pense que de l’ombre peut jaillir la lumière, qui croit en la politique en sa noble acception , parce que quand la volonté est là, ça marche.

 

Il y a des gens « bien » en politique.

Il y a des gens « bien » partout dans le monde qui valent le coup qu’on se batte pour eux ou avec eux.

 

Sortons de l’impasse !

Et à ceux qui me liront en se disant : « elle est toujours aussi illuminée », je répondrai encore : « tant mieux. »

Bonne lecture.

Je vous remercie.

 

Danièle NOËL

Le 03/08/2015

 

Interview de Jean-François Kahn : «Hollande, Sarkozy, Le Pen, un choix impossible»