Des valeurs et des actes: penser la politique autrement

Petit tour d’horizon de l’évolution de la pensée politique avant les prochaines échéances sénatoriales de septembre 2017.

Le premier ministre, deuxième personnage de l’État après le président de la République et avant le président du Sénat, serait-il l’engrais par lequel le « penser la politique autrement » va voir ses racines croître ?

Si la question ne trouvera sans doute réponse que dans quelque temps, il faut reconnaître qu’Édouard Philippe se démarque de ses prédécesseurs et qu’il impose un style « cash ».

Dans une récente interview accordée au JDD, ce féru de belles Lettres s’accordait à dire : « La distance et l’ouverture, que permet la lecture, sont précieuses quand on est soumis par l’actualité à la dictature de l’immédiateté et à l’absence de profondeur de champ. »

Le texte de la Constitution de la Ve République et notamment l’article 21 nous rappelle que le premier ministre « dirige l’action du gouvernement ». Il est par nécessité le chef de la majorité parlementaire mais c’est aussi à Matignon que se joue la coordination entre les ministres.

Lors du séminaire gouvernemental qui s’est tenu à Nancy les 30 juin et 1er juillet 2017, à propos de cette coordination entre les femmes et les hommes qui agissent, Edouard Philippe a eu cette formule très juste :

« Une équipe, ce n’est pas une addition d’identités, c’est une multiplication de compétences. »

Une formule à laquelle j’adhère tout particulièrement et qui devrait, à mon sens, toujours l’emporter sur tout autre jeu d’appartenance ou d’étiquette pour penser la politique autrement.

 

Faire des ponts plutôt que de creuser des fossés.

 

Penser la politique autrement sera non seulement l’évolution inéluctable de la politique de notre temps mais également l’aboutissement réussi d’années de lutte contre les pensées toutes faites, les guerres de clans et les dogmes.

 

Le parcours d’Édouard Philippe n’est pas parsemé de sauts de cabri. Il est peut-être déjà un des signes de cette avancée puisque Rocardien convaincu, il s’est engagé aux côté d’Alain Juppé pour finalement construire ce nouveau gouvernement.

 

Le chemin politique est loin d’être incohérent.

 

On se souviendra de ce que François Bayrou président du MoDem qui échangeait souvent avec Michel Rocard disait à propos de ce dernier au jour de sa disparition : « C’était un homme qui préférait faire des ponts que de creuser des fossés ou séparer les gens. Il refusait de se laisser enfermer, il refusait le sectarisme. »

 

Penser la politique autrement avant de prétendre la faire autrement, c’est faire des ponts plutôt que de creuser des fossés.

 

A cet égard, le discours prononcé par Premier Ministre dans sa déclaration de politique générale me conforte dans cette conviction qu’il nous faut penser la politique autrement avant de prétendre la faire autrement.

 

C’est sans aucun doute une pensée complexe mais en même temps , je suis convaincue que seule cette gymnastique de l’esprit nous permettra de sortir de l’impasse dans laquelle la France reste coincée depuis des années.

 

Pour ce faire :

 

Des valeurs, un cap, des actes.

 

Autrement qu’en chicaneries, scènes de basse-cour ou de cour de récré.

 

Aucun d’entre nous n’a intérêt à ce que ce gouvernement échoue. La critique caricaturale, les procès d’intention n’auront pour effet que d’entretenir la haine, la colère des Français.

 

Je sais que certains attendent de voir nos concitoyens descendre dans la rue, une fois l’été passé. Ils fourbissent leurs armes, de coups d’éclat en posture. C’est un jeu bien dangereux et irresponsable.

 

Si nous, politiques, petits ou grands élus, avons un devoir de vigilance quant aux discours de méthodes et aux actions entreprises, il est aussi de notre devoir de redonner à la chose publique et politique ses titres de noblesse.

 

Cela nécessite pour quelques uns de faire preuve d’humilité, de sagesse, de hauteur d’esprit.

 

Ce n’est pas si simple tant nous avons été nourris pendant des décennies avec une façon de faire la politique pour le moins archaïque, des pratiques intolérables, et des supports d’information pré-mâchés se servant avidement dans l’immédiateté.

 

Place à la réflexion et à l’analyse.

 

À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, les partis politiques traditionnels ont tous fait leur mea culpa en affirmant qu’ils devaient se remettre en question.

 

C’est le moment ! Il n’y a plus de reculade possible.

 

Tout est à faire et à prouver.

 

Lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Édouard Philippe faisait ici, référence à la dette : « Sous le regard inquiet des Français, nous dansons sur un volcan qui gronde de plus en plus fort. ». Nous pourrions décliner cette assertion à d’autres fins.

 

Le cap est fixé : « Dire la vérité, travailler avec toutes les femmes et les hommes de bonne volonté, obtenir des résultats concrets le plus rapidement possible. » Ce que tous ceux qui veulent donner un avenir à la France souhaitent intensément, tous ceux qui « entendent pouvoir rompre avec le mal français d’alternances inutiles, de rendez vous manqués et d’espoirs déçus. » *

 

Il fallait faire preuve d’un peu d’audace pour évoquer tantôt Bob Dylan «combien de fois un homme peut-il tourner la tête en prétendant qu’il ne voit pas ?» tantôt Diamond Jared .

 

Si d’aucuns extrémistes de Droite choisissent encore d’y voir le moyen d’aller cueillir des pâquerettes, je ne peux que leur souhaiter de rester au ras du sol.

 

Parce qu’on le veuille ou non, la politique est en train de s’élever, et aucune erreur de pilotage ne sera permise sous peine de crash violent.

 

Il est de notre devoir de participer à maintenir le cap et non pas de semer la route de peaux de bananes, d’innover face aux dangers, d’ouvrir les yeux et de lutter contre ce que Diamond Jared nomme « l’aveuglement des chefferies », qui mènent une vie protégée au détriment de l’autre, de celui que la société considère comme « rien » et de cesser de faire de l’homme ou de la femme politique « cet animal suicidaire ».

 

Nous avons le choix :

 

Sombrer dans l’immédiateté ou prendre le temps de l’analyse,

 

Voir ou tourner la tête,

 

Empêcher ou agir,

 

Accorder sa confiance ou détruire.

 

La confiance que j’accorde aujourd’hui à ce nouveau gouvernement est responsable et par conséquent exigeante. Elle est celle que lui ont accordée les membres du MoDem, Jacqueline Gourault en sa qualité de Ministre auprès du ministre d’État, ministre de l’Intérieur , Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées ainsi que les 47 députés MoDem et apparentés qui ont été élus le 18 juin. **

 

Une confiance que Marc Fesneau , le président du groupe à l’Assemblée nationale qualifie de »forte, loyale et exigeante (…) tant les défis sont nombreux » (…) dans « une stratégie du dépassement des antagonismes que nous connaissions. »*

 

Dans cette année riche en politique, il nous reste encore un inconnu: le Sénat.

 

Et par conséquence, le prochain troisième homme ou femme par ordre protocolaire, de l’État.

 

En effet, le 24 septembre 2017, ce sera au tour du Sénat d’être partiellement renouvelé. Ici, pas d’abstention puisque le vote est obligatoire.

 

Pour la première fois sous la Ve république, les élections présidentielle, législatives et sénatoriales ont lieu la même année.

 

Nous y verrons alors comment cette confiance des élus se caractérise et comment cette façon de penser la politique autrement se concrétise.

 

Danièle NOËL
Présidente MoDem 54

 

 

Pour aller plus loin :

* Discours de Marc Fesneau président du groupe Modem et apparentés, à l’Assemblée nationale

** Groupe MoDem et Apparentés . Découvrez vos députés !

***Élections sénatoriales

 

Terrorisme et climat : Emmanuel Macron a tout bon !

A chaque déclaration du président de la République, c’est la même ritournelle : les bien- pensants et les merles moqueurs font sonner leurs crécelles. Et pourtant…

Le réchauffement climatique a été un des sujets les plus importants du dernier sommet du G2O. Nécessairement, tous les regards étaient tournés vers Donald Trump, puisque le président des États-Unis avait annoncé sa volonté de sortir de l’accord de Paris.

Il n’a pas failli à sa menace: sur ce point, le divorce avec les États-Unis est engagé.

Donald Trump s’enorgueillit même d’avoir joué la forte tête et de claironner en solo contre tous « ces mauvais accords qui ont été passés »…

Face à ce son de trompette de la renommée bien mal embouchée, le président de la République française a fait cette déclaration qui ne peut pas tomber dans l’oreille d’un sourd :

“ On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique », ajoutant « les grands déséquilibres de notre monde, ceux que nous sommes en train de vivre, sont liés au déséquilibre climatique que notre mode productif international a généré. “

Le message n’était pas bien complexe à comprendre. Il s’adressait bien sûr au monde entier mais aussi à Donald Trump. Souvenons-nous que ce dernier n’hésite pas à traiter les terroristes de « losers », autrement dit des ratés, et que, pour lui, « le réchauffement climatique est un canular ».

On nage en plein « bad trip »!..

C’est sans doute la raison pour laquelle Emmanuel Macron a annoncé un nouveau sommet international sur le climat le 12 décembre en expliquant qu’il espérait encore convaincre Donald Trump de revenir sur sa position.

Alors, soyons un peu sérieux. Tout cela mérite bien que l’on cherche à aller un peu plus loin dans la relation de cause à effet. Et pourtant….

Comme à son habitude, la machine à broyer démarre au quart de tour.

Les merles moqueurs se moquent. Les persifleurs persiflent.

La toile s’enflamme et les réseaux hilares se marrent.

Les politiques également. Et sans complexe, certains tirent à boulets rouges.
Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation, tacle violemment Emmanuel Macron qui selon lui  » franchit le mur du çon « . Nadine Morano, députée européenne LR, dénonce une association  » totalement hors sujet  » . Quant à Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, elle y va aussi de son couplet en un :  » De qui Macron se moque-t-il avec ses excuses au terrorisme ? « 

De qui se moque -t-on ? Et pourtant…

Il est pourtant vrai que ces dernières années, plusieurs études très sérieuses ont découvert que la hausse des températures dans le monde était un facteur d’instabilité politique, créant ainsi les conditions favorables à l’émergence de groupes comme Daech.

S’il est un fait que l’on ne peut taire, puisqu’il est né dès les années 70, c’est que de nombreux rapports nationaux et internationaux montrent les liens entre changements climatiques et terrorisme. A l’ époque, on regardait ces rapports avec des yeux ronds et écarquillés en se demandant si tout cela était bien sérieux. C’était en 1970…

C’est dans les années 2000, quand le changement climatique s’est imposé comme un nouvel enjeu international majeur, que l’attention politique s’est renforcée et renouvelée.

Visiblement, quelques-uns ont dû zapper le débat.

Ou à l’instar de Donald Trump, sans doute préfèrent-ils jouer les gros bras, se mettre des œillères et se voiler la face. Forcément ça en bouleverse quelques uns qui ne peuvent plus « vendre » l’islamisme radical comme seule et unique cause du terrorisme.

Quelles sont ces études entre « terrorisme et climat »?

Les militaires américains avaient pris conscience dès les années 1990 de l’émergence de nouveaux risques liés au changement climatique et tiraient le signal d’alarme dans un rapport rendu public.

En 2003, le Pentagone établissait un lien entre sécurité et changement climatique.

En 2007, les institutions de défense des États-Unis parlaient du changement climatique comme d’un « multiplicateur de menaces ».

En 2014, c’est encore un très sérieux rapport du Pentagone qui traduit le lien entre le réchauffement climatique et le terrorisme en démontrant qu’ il aggrave des facteurs de terrorisme, de famine et de maladies infectieuses existants :

“Les conséquences du réchauffement climatique risquent de déstabiliser d’autres pays. Elles compliqueront l’accès à l’eau et à la nourriture, endommageront les infrastructures, contribueront à la propagation des maladies, déracineront les populations, entraîneront des migrations de masse, interrompront l’activité commerciale et réduiront l’accès à l’électricité”, expliquait-il.

“Ces évolutions pourraient ébranler des gouvernements déjà fragiles et incapables de trouver des réponses efficaces ou de rivaliser avec les gouvernements stables, tout en augmentant les tensions et la compétition entre pays pour accéder à des ressources limitées. Ces déficits de gouvernance favorisent les idéologies extrémistes et les conditions propices au développement du terrorisme.”

En 2015, Mary Robinson, Présidente de l’Irlande de 1990 à 1997, mettait en garde contre ce double fléau en affirmant que “changement climatique et radicalisation seront vraisemblablement de plus en plus liés » :

« Dans un monde où le changement climatique exacerbe les problèmes quotidiens de populations dont la pauvreté ou le statut social fragilisent déjà les droits, les risques de radicalisation sont très élevés. On voit apparaître de plus en plus de preuves des liens qui unissent les conflits et le changement climatique. »

A cette même époque, les chefs d’État du monde entier reconnaissaient que le changement climatique représentait une menace évidente pour la sécurité.

Le président américain Barack Obama déclarait ainsi : « This is an economic and security imperative that we have to tackle now. » *

Tandis que David Cameron annonçait : « Climate change is one of the most serious threats facing our world. And it is not just a threat to the environment. It is also a threat to our national security, to global security, to poverty eradication… »

Avant les attentats de Paris de 2015, au Royaume-Uni, le prince Charles avait également fait le lien entre le changement climatique et la guerre en Syrie. Il disait alors : « Nous refusons de gérer le problème. C’est terrible à dire, mais certains d’entre nous disaient déjà il y a vingt ans que si on ne prenait pas ces questions-là à bras-le-corps, la pénurie de ressources engendrerait de plus en plus de conflits et la sécheresse, de plus en plus de difficultés. Tout cela s’ajoute aux effets cumulés du changement climatique, et force les populations à se déplacer. »

En 2016, c’est Bernie Sanders, l’adversaire d’Hillary Clinton pour l’investiture démocrate à la présidentielle américaine, qui affirmait, en citant des rapports du Pentagone et du ministère de la Défense, que « le dérèglement climatique est directement lié à l’expansion du terrorisme. »

En avril 2017, c’est au tour de l’Allemagne de se pencher sur la question et de constater que le changement climatique est le terreau du terrorisme.

Le think tank allemand Adelphi publie alors un rapport intitulé « Insurrection, terrorisme et crime organisé face au réchauffement climatique. » ****

Lukas Rüttinger, auteur du rapport, affirme bien que le changement climatique ne crée pas les terroristes, mais qu’il contribue à créer un environnement favorable à son développement: rie« Les groupes terroristes utilisent de plus en plus les ressources naturelles comme une arme de guerre, en contrôlant leur accès et en exacerbant les pénus. Plus les ressources sont rares, plus le pouvoir de ceux qui les contrôlent augmente. »

En France, c’est depuis 2016 et plus particulièrement en cette année 2017 que la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) met clairement en avant que les défis des changements climatiques affectent d’une façon ou d’une autre la sécurité humaine.

« Les changements climatiques à eux seuls ne sont pas directement responsables du déclenchement d’un conflit, mais contribuent à aggraver la situation économique, sociale, politique et militaire dans certains pays en favorisant l’apparition de crises internes, elles-mêmes susceptibles de déboucher sur des crises régionales et internationales. » *****

Un contrat-cadre est coordonné par l’Institut des relations internationales et stratégique (IRIS) autour d’une équipe pluridisciplinaire d’une trentaine de chercheurs internes et externes (FRS, GRIP).

Les militaires américains et britanniques ont pleinement intégré le dérèglement climatique dans leurs préoccupations et leur doctrine.

A part bien sûr, Donald Trump.

La France s’y met.

Les commentateurs zélés continuent à s’en moquer. Encore et encore… Pire ! Ils nient le lien de cause à effet entre dégradation du climat et terrorisme.

Bien grand risque que voilà !

Alors, par Jupiter ! Quel crime de de lèse-majesté Emmanuel Macron a-t-il commis ?

Aucun, sinon d’avoir dit la vérité : “On ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique »

Une vérité que certains choisissent de condamner. Le réchauffement climatique est le terreau du terrorisme. Il n’en est pas la seule cause.

Gardons -nous donc des procès politiques. Tous les maux doivent être traités en connaissance de cause et éradiqués là où ils prennent racine. Mais on ne peut prétendre combattre durablement le réchauffement climatique et le terrorisme en niant des causes avérées .

Ce qui me laisse à penser à ce fameux procès qui condamna à la prison à vie celui qui osa dire:

« E pur si muove ! »

Danièle NOËL
Présidente MoDem 54

Photo credits: Kurdishstruggle/Flickr.com [CC BY 2.0]

Sources :

* http://www.reuters.com/article/us-climatechange-summit-obama-resources-idUSKBN0TK4LW20151201

** https://www.usatoday.com/story/news/world/2015/11/23/prince-charles-syria-climate-change/76248500/

*** https://www.youtube.com/watch?v=ojFfyQFIINc

**** https://www.climate-diplomacy.org/publications/insurgency-terrorism-and-organised-crime-warming-climate

https://www.theguardian.com/environment/2017/apr/20/climate-change-will-fuel-terrorism-recruitment-adelphi-report-says

***** http://www.defense.gouv.fr/dgris/recherche-et-prospective/observatoires/observatoire-geopolitique-des-enjeux-des-changements-climatiques

Quelques autre liens encore par ici :

http://www.agenceecofin.com/securite/2104-46786-le-changement-climatique-favorise-le-terrorisme-et-le-crime-organise-etudes

https://www.consoglobe.com/comment-le-changement-climatique-renforce-les-groupes-armes-et-terroristes-cg

http://www.tpi.it/mondo/africa-e-medio-oriente/cambiamento-climatico-aiuta-reclutamento-terroristico

http://www.novethic.fr/empreinte-terre/climat/isr-rse/comment-le-changement-climatique-exacerbe-la-menace-terroriste-144385.htm

Accord de Paris: Contre vents et marées

Ce 1er juin 2017, le président américain a annoncé le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris.

Le 12 décembre 2015 , l’Accord de Paris apparait comme une grande date pour la planète. C’est un accord sans précédent sur le réchauffement climatique qui est officiellement adopté par 195 pays au terme de deux semaines de discussions.

Il fixe un engagement international à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici à 2050.

Pour le 45e président des États-Unis, le changement climatique est une vaste farce. Il ne croit pas au changement climatique; à l’image de quelques-uns qui ne croyaient pas en leur temps que des hommes avaient pu poser un pied sur la lune.

Il l’a dit et répété :

« La propreté de l’air est un problème pressant. On veut un air et une eau propres. C’est très important pour moi, et j’ai gagné des prix environnementaux. Mais je ne crois pas au changement climatique. On a appelé ça le réchauffement de la planète, le changement climatique, maintenant ils appellent ça une météo extrême, c’est nouveau, car la météo semble être un peu plus extrême. C’est juste la météo. Ça a toujours été comme ça, le temps change, il y a des tempêtes, de la pluie, et des belles journées. Mais je ne pense pas qu’on doive mettre les gens de notre pays en danger. « 

« Le changement climatique est un concept créé par et pour les Chinois pour porter atteinte à la compétitivité des entreprises américaines. »

Il a flatté ainsi une partie de son électorat qui se complaît à polluer à tout va ainsi que les conservateurs qui se sont montrés très opposés à des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’agenda environnemental de Barack Obama.

Les réactions de colère ou déception fusent de toutes parts aujourd’hui suite à la décision du président des États-Unis.

Il m’apparaît que pester contre un homme qui se complaît dans « une marque de fabrique » n’aura que pour effet de le renforcer dans sa démarche.

L’outrance est son jeu politique, il fait fi de toute précaution et ne s’embarrasse guère de ce que le reste du Monde peut penser, de l’Union européenne encore moins.

Sa posture reste pour l’essentiel une politique de démolition ; celle de défaire, à grands coups d’éclat, d’outrance de tweets et de « pousse-toi de là que je m’y mette », tout ce que Barack Obama a construit.

Aussi dangereuse que puisse être sa méthode, elle est diablement « porteuse ».

La déplorer, la fustiger, la condamner ne suffiront pas.

À l’instar du président de la République, Emmanuel Macron, il nous appartient, face à une telle décision suicidaire pour l’environnement, de ne rien lâcher des objectifs de l’Accord de Paris, de poursuivre ces engagements et d’appeler à lutter contre vents et marées pour une politique raisonnée.

And « Make our planet great again »

Nous sommes à l’aube de mille et un défis alors que le cours de l’histoire se voit transformé par le Brexit , l’élection de Donald Trump et celle d’Emmanuel Macron.

Il est urgent que face à une telle situation, l’Union européenne fasse bloc et s’exprime d’une seule voix, ferme et déterminée.

Pour reprendre le message d’espoir qu’ a lancé dans son dernier ouvrage l’ancien premier ministre italien , Enrico Letta, il nous faut agir avec rapidité et efficacité pour sortir de cette tempête qui menace notre continent:

« Contre vents et marées »

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

Vendredi 2 juin 2017

#Législatives 2017

Les candidatures pour les prochaines élections législatives sont déposées.

Je garde en mémoire cette carte géographique d’après premier tour de la présidentielle d’une France déchirée en deux, marquée par des zones très sombres.

Je garde en mémoire cette campagne présidentielle qui dès le début des primaires n’a pas répondu à la haute estime que j’ai de la politique, au sens noble du terme.

J’attends donc beaucoup de cette nouvelle campagne et des candidats.

J’attends d’abord qu’ils tirent la politique vers le haut, là où elle devrait toujours être.
J’attends de l’exemplarité, du respect de l’autre, des valeurs, de l’engagement, de la passion pour la chose publique.
Les combats de catch dans la boue n’ont pas leur place dans un débat législatif, ailleurs non plus d’ailleurs.

J’attends des candidats qu’ils mettent au cœur de leur projet ce qui touche la vie quotidienne des citoyens.

En Lorraine, j’aurai à cœur de voir soulever toutes les questions qui touchent la Grande Région et les sujets frontaliers.

Bonne campagne aux candidats !
Mes meilleurs souhaits de réussite à ceux qui battront la campagne pour donner une majorité stable et pérenne à notre nouveau gouvernement.

 

Danièle Noël
Présidente du MoDem 54

Manifestation au Trocadéro : de qui se moque-t-on !

Le 14 décembre 2016, le Gouvernement, le Conseil d’État, le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, le rapporteur du projet de loi, le Parlement, tous, ont approuvé une cinquième prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet 2017.

Bruno Le Roux, le nouveau ministre de l’intérieur, a estimé que “la séquence des élections présidentielle et législatives de 2017 est un moment de risques de déstabilisation importants alors que les groupes terroristes ont une lecture politique des temps démocratiques qui sont les nôtres.”

Pour rappel:

L’état d’urgence autorise le préfet ou le ministre de l’Intérieur de :

  • limiter ou interdire la circulation dans certains lieux,
  • interdire certaines réunions publiques ou fermer provisoirement certains lieux publics, (…)*

Chaque municipalité dès lors où elle entend organiser ou autoriser une manifestation, même festive, doit s’en remettre au préfet pour répondre à des règles souvent très contraignantes, assurer la sécurité des concitoyens et veiller à ce que rien ne vienne troubler l’ordre public.

La manifestation au Trocadéro est l’art du trompe l’œil

Néanmoins, autorisation a dû être accordée puisque les fillonistes espèrent cet après-midi de 40 à 45.000 personnes au Trocadéro, grâce au concours de « Sens commun », émanation politique de « La Manif pour tous ».

Il n’est pas question ici de remettre en cause la liberté et la démocratie, bien au contraire. Force est à la loi.

Aujourd’hui, deux choses me troublent profondément :

  • Le Gouvernement fait preuve de laxisme face à cet état d’urgence et va, encore, user des forces de l’ordre mises à rude épreuve, depuis de longs mois, pour encadrer une manifestation qui peut être “à hauts risques”,
  • Un candidat au plus hautes fonctions de la République se moque de la loi et appelle publiquement à manifester.

Je pointe du doigt la responsabilité de chacun

On ne peut dire et laisser faire.

On ne peut prétendre à être le futur garant de nos institutions et s’en contre foutre quand cela nous arrange.

La manifestation au Trocadéro n’est pas la démonstration de l’expression démocratique : elle est irresponsable, « sans foi ni loi » et joue avec le feu !

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

*Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence.
Version consolidée au 05 mars 2017
Article 8 : Peuvent être également interdites, à titre général ou particulier, les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre.
Les cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique peuvent être interdits dès lors que l’autorité administrative justifie ne pas être en mesure d’en assurer la sécurité compte tenu des moyens dont elle dispose.

Girouette

GIROUETTE…

Joli sobriquet souvent utilisé en période électorale

Si être GIROUETTE c’est :

Indiquer la bonne direction
Etre libre d’orienter sa réflexion
Ne pas se faire porter par les vents « dominants »
Se tourner vers l’intérêt du citoyen
S’orienter vers l’intérêt général
Ventiler les bons principes
Prévenir de l’orage imminent
Faire face aux mauvais courants
Indiquer le bon cap afin d’éviter l’écueil

Dans ce cas OUI nous devrions tous être des GIROUETTES !!!

La GIROUETTE , idéalement placée sur sa flèche prend de la hauteur et constate que certains en bas paraissent aussi petits que leur capacité d’analyse .

Girouette , origine : Il s’agit d’un emprunt à l’ancien scandinave veðr-viti1 (islandais moderne veðurviti) qui peut se traduire par « indicateur du temps », composé des éléments veðr « temps » (cf. anglais weather) et viti « indicateur, signal »

 

Antony Banasiak, Délégué départemental