Présidentielles 2017 | MoDem 54

Emmanuel Macron est élu Président de la République.

Macron, président !

La France est face à un nouveau destin !
Il ne suffit pas de dire: « ouf », « victoire! » ou « on a eu chaud… »

Emmanuel Macron vient de remporter l’élection à la Présidence de la République française.

Merci à tous ceux qui se sont mobilisés pour le candidat d’ « En Marche ! » et ceux qui ont lutté contre l’extrême droite en France.
Félicitations à Francois Bayrou, véritable pionnier, de la construction d’une nouvelle voie politique.

Au terme d’une folle campagne, le véritable enjeu de cette élection présidentielle n’est pas que politique.

Il est aussi et surtout celui de la vie « tout court », celui de faire société dans tout ce que cela implique.
Les résultats du 1er tour nous ont montré à quel point nous étions arrivés à un point de rupture de notre société.

Nous devrons continuer le combat contre toutes les formes d’extrémisme et soigner les maux qui les nourrissent.

Emmanuel Macron se doit de rassembler ce qui est épars et mettre fin durablement à cette crise de sens.
Ce devoir qui incombe à Emmanuel Macron, c’est de sortir de l’usure dans laquelle notre pays s’est englué ; c’est de tenir une promesse de renouveau.

Nous l’y aiderons ! Nous y veillerons !

C’est désormais un choix de société qui s’annonce comme un défi de civilisation, pour la France, au sein de l’Union européenne.

« Affronter la réalité du monde nous fera retrouver l’espérance. »

Danièle Noël

Présidente MoDem 54

#compress: Le 1er Mai, faisons barrage à l’extrême droite

Le MoDem 54 appelle au rassemblement

« La France a le choix – pour la première fois depuis des décennies – le plus clair que l’on puisse avoir ». François Bayrou alerte sur l’absolue nécessité d’effectuer le bon choix le 7 mai prochain, celui de la « lucidité et d’un « pays qui veut vivre ».

Les jeux ne sont pas faits.Nous devons nous mobiliser plus encore !

Ce lundi 1er mai, plusieurs syndicats se rassembleront pour défiler dans les rues de Nancy et faire barrage au Front National. Compte tenu des circonstances exceptionnelles, les organisateurs ont décidé d’ouvrir cette manifestation aux élus et aux formations politiques républicaines, dans leur grande diversité.

André Rossinot, Laurent Hénart et Mathieu Klein ont annoncé leur participation au défilé.

Tout comme le président de la métropole, le maire de Nancy et le président du Conseil départemental, nous, élus MoDem, seront présents à 9h30 place Stanislas avec tous les élus qui le souhaitent.

Les politiques marcheront jusqu’à la place Dombasle pour participer à 10h00 au rassemblement et au défilé unitaire auquel je vous invite vivement à participer.

Notre République est menacée encore une fois au second tour de la Présidentielle ce 7 mai.

Nous, démocrates, européens, nous voulons une république plus fraternelle.

Nous voterons pour Emmanuel Macron, il est le candidat de la République contre l’antirépublicaine Le Pen, sa démagogie, sa xénophobie, et son repli sur soi.

Nous vivons un tournant historique de la vie politique! Je vous demande de vous joindre à nous en ce 1er Mai qui restera une date symbolique.

Je compte sur vous.
Amitiés démocrates,

Danièle Noël,
Présidente du MoDem 54.

Je voterai pour Emmanuel Macron dimanche.

Stéphane Klopp est conseiller municipal délégué à l’environnement et au Développement Durable à la Mairie de Villers-les-Nancy. Il vient de publier son engagement sur sa page Facebook

 

« Malgré le soutien de François BAYROU et du MODEM dont je suis adhérent depuis sa création, suite logique pour moi de mon appartenance à l’UDF, je n’étais pas particulièrement séduit par le personnage d’Emmanuel MACRON.
Les victoires de François FILLON aux primaires de la Droite et celle de Benoît HAMON aux primaires de la Gauche ont fait ressortir deux candidats particulièrement clivants pour la société française. Le climat de consensus nécessaire à la mise en oeuvre de vraies et grandes réformes ne peut se faire qu’au Centre.


Chaque citoyen doit se demander dans l’isoloir ce qui est le mieux pour le pays et pas seulement pour son propre intérêt. C’est difficile, mais je fais confiance au bon sens de chacun. Je prends moi-même mes responsabilités.
A ceux qui parlent d’Emmanuel « HOLLANDE », je rappelle simplement que Jean ARTHUIS et l’Alliance Centriste, Jean-Louis BOURLANGES, un tiers des Jeunes UDI, Dominique DE VILLEPIN, Jean-Paul DELEVOYE, Renaud DUTREIL, entre autres, soutiennent la candidature d’Emmanuel MACRON qui rassemble bien au-delà d’une partie du camp socialiste. Je ne parle même pas du soutien du bout des lèvres d’Alain JUPPE à la candidature de François FILLON.
De plus, j’ai trouvé Emmanuel MACRON transparent et honnête dans ses dernières interviews. Ce n’est pas parce qu’on gagne de l’argent que l’on est malhonnête!
Et surtout, à tous, votez! Ne vous abstenez pas! »

Le service civique obligatoire

Au détour de mes lectures, j’ai vu de nombreuses réactions quant à la proposition de service civique obligatoire initiée par François Bayrou et annoncée par Emmanuel Macron.
J’en ai lu de très positives et d’autres plus tranchantes.

Un article du Figaro détient la palme puisqu’il démonte brutalement  Emmanuel Macron en un article avec ce gros titre:  « Macron ou le stade suprême du populisme ».
Le Figaro m’avait pourtant habituée à un peu plus de hauteur de vue.

Pour ce faire, le journal cite comme exemple le « service national obligatoire » comme preuve du grand n’importe quoi aux soit-disant relents populistes prôné par le candidat d’”En Marche!”.
En vérité, c’est Guillaume Bigot, directeur général de l’IPAG Business School, essayiste et membre du Comité Orwell, qui s’y colle. On le sait favorable au retour d’un service militaire d’antan.

On pourrait rire des propos tenus dans cette tribune contre Macron, tant ils sont caricaturaux et contondants. Mais les évènements sordides qui se sont passés au stade de France et au Bataclan ne prêtent pas à rire et  nous ramènent à une cruelle réalité. Et par conséquent, à l’intérêt que peut avoir une telle proposition pour laquelle – il convient d’avoir l’honnêteté de le souligner- tous les candidats à la présidentielle 2017 s’intéressent, de différentes manières.

A titre d’information, le service militaire volontaire ou le service militaire adapté, existe déjà.

Cependant, il ne touche qu’un nombre très réduit de jeunes : moins de 10 000…
Le service militaire obligatoire a, quant à lui, été supprimé en 1997 par Jacques Chirac, qui souhaitait alors professionnaliser les armées.
Depuis cette date, force est de constater que cette même classe politique en vient à regretter la disparition de ce creuset républicain qu’était le service national.

Le site du ministère de la Défense rappelle néanmoins que: « malgré la suspension du service national, l’appel sous les drapeaux demeure, en droit, possible à tout moment, en cas de conflit armé majeur. »

Ce qui signifie qu’à l’heure actuelle des jeunes qui ont suivi le service militaire volontaire peuvent être rappelés pour servir la France. Cela concerne aussi tous ces jeunes qui aujourd’hui ont suivi la formation obligatoire de défense et de citoyenneté.
Sont-ils vraiment préparés et aptes à servir notre pays en cas d’attaques terroristes ou autre conflit armé ?
C’est la vraie question qu’il faut se poser.

Alors, en quoi donc consiste donc cette formation de défense et de citoyenneté ?

Certes, elle est essentielle. Un jeune ne peut pas passer son permis de conduire sans cette fameuse attestation de citoyenneté. Quelle utilité !
Mais surtout, elle consiste en tout et pour tout en une journée.
Une journée ! En tout et pour tout: une journée !

Une journée bien remplie en tâches administratives et autres paperasseries à remplir.
Il est permis non seulement de douter de son efficacité pratique mais également de douter que cette mesure puisse servir à faire naître un quelconque élan citoyen ou patriotique pour les jeunes qui cherchent juste à la caser dans leur agenda en traînant des pieds.

Une journée qui ne permet même pas de s’ouvrir à la mixité sociale tant recherchée : chaque jeune reste dans son coin, au mieux avec des formulaires à remplir ou une conférence à écouter passivement. Elle s’organise ainsi :
Un petit-déjeuner d’accueil, des modules d’informations sur les responsabilités du citoyen et les enjeux de la défense , une information sur le service civique et les autres formes de volontariat, les possibilités d’engagement dans les forces armées et les forces de réserve, des tests d’évaluation des apprentissages fondamentaux de la langue française, un déjeuner commun des appelés – équipes d’encadrement et d’animation, une information « jeunesse citoyenne »consacrée, d’une part, à la sensibilisation à la sécurité routière, et d’autre part, au droit à l’information dont celle relative aux différents dons.
Et, éventuellement une visite des installations militaires.

La motivation des jeunes s’arrête donc bien souvent à l’attente de la remise de ce certificat de participation, obligatoire pour l’inscription aux examens et concours soumis au contrôle de l’autorité publique.

Voilà donc où nous en sommes aujourd’hui.

Ce que nous avons proposé, nous, MoDem

Après les attentats qui ont  touché la France, les responsables politiques ont été nombreux à soumettre des mesures destinées à mieux lutter contre la menace terroriste.
Beaucoup ont préconisé des mesures de répression, mais aussi de prévention, comme le service civique.
François Bayrou a pour sa part proposé un « service civique universel » obligatoire d’une durée de six mois.
Un moyen selon lui de « faire quelque chose pour que les jeunes apprennent à vivre ensemble »
François Bayrou défendait ainsi notre proposition :
« Il faut faire quelque chose pour que les jeunes Français apprennent à vivre ensemble et que l’autorité puisse leur parler. Il doit  s’agir d’un « service obligatoire, pour garçons et filles ». « Chacun vit désormais dans son coin, enfermé dans son petit cercle ».

François Bayrou préconisait cette mesure sur une durée de six mois.

Le service civique permettrait ainsi à chacun de « rencontrer d’autres origines sociales, d’autres cultures, bref, de refaire un brassage des jeunes ».

Il y a beaucoup de tâches à faire dans la société .

Nous en sommes tous fort conscients et un service civique peut être une réponse générale à propos de quelque chose qui manque cruellement à la société française, un moyen de sortir de cette espèce d’enfermement dans lequel tout le monde se trouve :  « on parle des quartiers à origines diverses qui mêlent des populations dont certaines ne sont pas culturellement adaptées, habituées, à la société française (…) mais il y a d’autres quartiers plus privilégiés d’où aussi on ne sort pas. (…) Je suis persuadé que ce sont des actes ou des décisions de cette importance qui permettront peut-être d’inverser le mouvement (…) »

Emmanuel Macron la reprend, en allégeant sa durée à une période d’un mois.

À titre personnel, je suis plutôt favorable à une durée d’un mois.
C’est cette mesure qui est l’objet de vives critiques et qui est jugée de populiste.

“Un mois inutile, une mesure cosmétique”, disent certains, comme si la journée citoyenne était la panacée !
“Une mesure qui surfe sur l’air du temps où il est bon de paraître républicain, civique et fier de sa nation”, scandent ceux là-mêmes qui n’ont pas d’autres arguments que le fiel et l’amertume.

En quoi donc cette proposition serait-elle populiste?

Si aimer son pays et se soucier de sa jeunesse, si aimer le peuple, si affirmer une position en contradiction avec les choix politiques de certains bien-pensants, de quelques démagogues, c’est être populiste, alors il convient de donner une nouvelle acception au terme populisme.

Au travers de cette mesure, il me semble essentiel de mettre en évidence qu’il ne s’agit  pas de retourner au service national tel que certaines générations l’ont connu, paquets de Gauloises offerts en prime.

Il s’agit de s’adapter à notre époque, à notre siècle!

Il ne s’agit pas non plus de jeter un œil noir sur ces jeunes qui  ne sauraient plus ce que c’est que l’effort et traîneraient sous leur couette jusqu’à point d’heure.

C’est faux. Ce serait là leur tenir un bien mauvais procès !

Les jeunes ont conscience de ce qu’est l’effort, ils savent ce que c’est que de se lever de bonne heure le matin pour aller en classe,  au boulot, faire des jobs saisonniers pour payer leurs études ou à aller à la recherche d’un emploi. Seuls sont qui ont décroché sont en rade.

Que peut-on faire en un mois?

Pendant un mois, on peut apprendre les gestes qui sauvent, faire du secourisme en équipe, se mettre au contact de la réalité des vies, parfois autres, apprendre de l’autre, acquérir une expérience directe de la vie militaire, de ses savoir-faire et de ses exigences, faire l’expérience de la « mixité sociale »et de la « cohésion républicaine ».
En un mois, on peut détecter les difficultés scolaires, notamment l’illettrisme et aiguiller vers les remèdes qui s’imposent.
On peut même parfaire ce projet en imaginant qu’il puisse apporter aux jeunes ce qu’ils n’ont pas trouvé dans leur parcours d’éducation: le goût du sport, de l’environnement, de l’écologie, du numérique.

Peut-être même la confiance en soi et le respect de l’individu.

En un mois, on peut aider les jeunes à préparer leur entrée dans la vie professionnelle comme dans leur vie de citoyen.

Quant aux nostalgiques du service militaire d’antan qui jugent cette période d’un mois trop courte ou trop onéreuse pour être utile, je leur répondrai qu’elle me paraît équilibrée.
Équilibrée pour des jeunes qui passent d’un cursus scolaire à un cursus universitaire sans provoquer de césure dans leur formation.
Équilibrée pour ceux qui se retrouvent en recherche d’emploi.
Équilibrée, à un moment important de la vie où parfois, pour certains, l’avenir devient incertain.

Peut-être serait-il même pertinent que la France en soit le précurseur, qu’elle en fasse un véritable outil démocratique, qu’elle en soit force de proposition pour l’élargir à l’échelle européenne afin de construire une véritable Europe sociale et citoyenne.

À tous ceux qui crient au populisme en réaction à cette proposition, je les invite à regarder le monde actuel tel qu’il est, par le bon bout de la lorgnette. Je les invite à cesser de réfléchir en se disant : « de mon temps… »
Ce temps est révolu. Il n’est plus.

Il nous faut imaginer le monde de demain.

Danièle NOËL
Présidente MoDem 54

Pourquoi j’ai décidé d’apporter mon soutien à Emmanuel Macron ?

Françoise Mégali, adhérente.

C’est le candidat qui rompt avec le clivage gauche-droite que François Bayrou dénonce depuis toujours, et qui a créé au fil des années la déliquescence du climat politique.
Emmanuel Macron porte en lui des valeurs d’espoir d’une autre société, réconciliée, et qui peut se projeter vers l’avenir, un avenir serein qui n’occulte rien des difficultés auxquelles nous sommes confrontés mais qui propose des axes nouveaux pour appréhender ce que sera demain en France, en Europe et dans le Monde.
Pas d’annonce mirobolante dans ce programme qui se veut raisonné, raisonnable et finançable mais des mesures applicables très vite et dans tous les domaines.
Voter Emmanuel Macron, ce n’est pas voter « utile », c’est voter pour un renouveau de la vie politique, le respect des Citoyens, la mise en place d’une société moderne, ouverte et bienveillante où chacun doit pouvoir trouver sa place.
Une mesure au hasard du programme ? Le pass-culture, un joli cadeau d’anniversaire, pas seulement symbolique qui démontre la volonté d’Emmanuel Macron de donner les mêmes chances à tous.

Sans amertume, Bayrou se réincarne en Macron (Libération, 21 mars 2017)

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Son ralliement a donné un coup de fouet à la candidature du candidat d’En marche. Le maire de Pau voit en l’ancien ministre de l’Economie la chance de réaliser son projet de fusionner les centres, après trois candidatures infructueuses.

François Bayrou et Emmanuel Macron à Paris le 23 février. Photo Jacques Demarthon. AFP

François Bayrou n’y croyait plus. A la faveur de la percée d’Emmanuel Macron dans la course à la présidentielle, voilà le leader centriste exilé à Pau de retour sous les projecteurs. Pas en tête d’affiche comme prétendant une nouvelle fois à l’Elysée, mais en maître Jedi qui ferait bénéficier son jeune padawan de son expérience et de sa sagesse, le guiderait vers les voies de la victoire en lui évitant de tomber du côté obscur de la force. «Je crois qu’en matière de campagne présidentielle, j’ai un peu d’expérience, non ?», glisse, amusé, le triple candidat défait à la magistrature suprême. «Cette alliance a contribué à rassurer une bonne partie de l’opinion. Il n’y a qu’à voir le bond de Macron dans les sondages après l’annonce de François Bayrou», ne manque pas de souligner le proche entourage du président du Modem. Le Béarnais se vante d’avoir réussi à infléchir le volet social du programme de Macron et de lui avoir imposé son exigence d’une loi de moralisation de la vie publique.

Fini donc les envolées à l’emporte pièce du maire de Pau à l’égard de l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande. Que Bayrou dénonçait comme le candidat «de grands intérêts financiers incompatibles avec l’impartialité exigée par la fonction politique. Il y a là une tentative qui a déjà été faite plusieurs fois par plusieurs grands intérêts financiers et autres, qui ne se contentent pas d’avoir le pouvoir économique, mais qui veulent avoir le pouvoir politique». Aujourd’hui, Bayrou fait machine arrière toute. «J’observe aujourd’hui qu’il est très éloigné de tout cela, qu’il n’est en rien sous la coupe des puissances d’argent», bat sa coulpe le leader centriste qui confesserait même, pour une fois, une erreur d’approche psychologique. Il y a quelques mois encore, il prédisait avec assurance que la «baudruche Macron allait se dégonfler»

Un café avec Valls

«Aujourd’hui, aussi surprenant que cela puisse vous paraître, tout se passe très bien entre nous, en totale confiance. Nous nous téléphonons plusieurs fois par jours. Nous échangeons. Nous analysons la situation et discutons des choix», se réjouit ce pélerin d’un centre inféodé, ni à la droite, ni à la gauche. Au point que les deux hommes tiendront meeting commun le 12 avril prochain… à Pau bien entendu.

Un simple revirement de circonstances pour se mettre dans la roue du vainqueur ou le choix d’un possible renouveau de la vie politique autour d’un rassemblement que le leader centriste appelle de ses vœux depuis plus de vingt ans ? «Nous vivons un moment inédit. Nous assistons sous nos yeux à la décomposition des deux partis qui dominent la vie politique française depuis presque un demi-siècle», constate l’ancien patron de l’UDF qui, depuis maintenant près de vingt ans, milite pour cette recomposition de la vie politique allant du centre droit au centre gauche. Ce qu’il n’a pu mettre sur pied, Emmanuel Macron semble en passe de le réussir. Alors sans hésitation, Bayrou a tenu «à participer à la réalisation que quelque chose que je crois indispensable pour le pays. Je ne suis pas là en spectateur mais en tant qu’acteur. Je suis dans le concret, dans le réel même si je ne suis pas sur les affiches.»

Bayrou voit enfin l’heure de ses prédictions arrivée. «Les deux partis qui dominent la vie politique depuis plus de quarante ne seront pas au second tour. Leur élimination sera un acte de péremption. Ces partis meurent parce qu’ils n’offrent plus aucune vision», constate le centriste supplanté par le nouveau venu sur la scène politique. Il en veut pour preuve les récentes déclarations de Manuel Valls, l’ancien Premier ministre de François Hollande, qui a annoncé qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Benoît Hamon. Les deux hommes se sont rencontrés. Quelques jours avant cette entrevue dans un bar de la place de la Bastille, François Bayrou disait «croire en la bonne fois de Manuel Valls. Il est tourmenté par le reniement face à ses propres convictions que lui impose le choix en faveur du vainqueur à la primaire socialiste. Je pense qu’il vit un dilemne personnel très fort.» Des réflexions très intimes nourries par des discussions discrètes avant ce café pris ensemble en public par les deux hommes.

Passer le flambeau

Si Bayrou posséde l’antériorité de discours sur l’inéluctable recomposition du pouvoir politique, Macron semble, à ses yeux, en mesure de la mener à bien. D’ou sa proposition d’alliance électorale faite au leader d’En marche. «Les prochaines élections législatives vont donner une chambre inédite qui obligera à chercher des alliances plus large sur des projets et une vision partagée que celles défendues aujourd’hui par la confontation camp contre camp», parie François Bayrou. Une nouvelle assemblée ou le Modem espère bien être représenté en nombre à la faveur de son accord avec Macron.

Lors de la présidentielle 2007, sous l’étiquette UDF, Bayrou avait créé la surprise en devenant le troisième homme de l’élection présidentielle. Avant le premier tour, il fait alors une offre d’alliance à Michel Rocard, la figure de la «deuxième gauche» du PS qui, après maintes réflexions, la repousse. Même s’il a bien cherché – comme Jack Lang d’ailleurs, mais pour son propre compte – à faire renoncer Ségolène Royal en sa faveur. «Si Rocard avait accepté tout aurait pu basculer. Nous aurions alors pu gagner. Je me suis dit alors que, placé dans la même situation clef, je serais allé jusqu’au bout.» C’est ce qu’il fait aujourd’hui. Sans amertume, ni rancœur de devoir passer le flambeau à un plus jeune. Du moins Bayrou l’assure.

Christophe Forcari