Danièle Noël invitée de RCF: ré-écoutez son interview du 23 mai

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Danièle Noël œuvre quotidiennement pour l’Europe. Dans le cadre de son mandat de Conseillère Municipale de Nancy déléguée à l’Europe, elle s’engage sur le terrain. Depuis quelques jours, vous pouvez, vous aussi, participer à son élan en participant au « Mai de l’Europe », une série d’évènements qui se déroulent tout au long du mois de Mai. Mercredi 23 mai, Danièle Noël répondait aux questions de Pascale Michotte sur RCF Nancy. Il s’agit du dernier rendez-vous de la série d’interviews, que vous pouvez réécouter directement via le lien ci-dessous.

Danièle Noël invitée de RCF: ré-écoutez son interview du 16 mai

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Danièle Noël œuvre quotidiennement pour l’Europe. Dans le cadre de son mandat de Conseillère Municipale de Nancy déléguée à l’Europe, elle s’engage sur le terrain. Depuis quelques jours, vous pouvez, vous aussi, participer à son élan en participant au « Mai de l’Europe », une série d’évènements qui se déroulent tout au long du mois de Mai. Mercredi 16 mai, Danièle Noël répondait aux questions de Pascale Michotte sur RCF Nancy. Une interview à réécouter directement via le lien ci-dessous.
D’autres rendez-vous seront à suivre très prochainement sur notre site.

Danièle Noël invitée de RCF: ré-écoutez son interview du 3 mai

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Danièle Noël œuvre quotidiennement pour l’Europe. Dans le cadre de son mandat de Conseillère Municipale de Nancy déléguée à l’Europe, elle s’engage sur le terrain. Depuis quelques jours, vous pouvez, vous aussi, participer à son élan en participant au « Mai de l’Europe », une série d’évènements qui se déroulent tout au long du mois de Mai. Jeudi 3 mai, Danièle Noël répondait aux questions de Pascale Michotte sur RCF Nancy. Une interview à réécouter directement via le lien ci-dessous.
D’autres rendez-vous seront à suivre très prochainement sur notre site.

Le MoDem 54 soutient pleinement la résolution pour un nouveau Traité de l’Élysée

Signé le 22 janvier 1963, le Traité de l’Élysée portait l’ambition d’ancrer la réconciliation franco-allemande au sein de la société, en particulier par le biais de la culture et des échanges de jeunes. Ce traité a contribué à accompagner la construction du projet européen que nous connaissons aujourd’hui.

Fait marquant cette année, l’Assemblée Nationale et le Bundestag se sont prononcés, lors d’une session exceptionnelle, sur une résolution commune pour un nouveau Traité de l’Élysée. Cette résolution commune réaffirme 55 années de coopération entre nos deux pays et appelle, au travers de 26 points concrets, à « prolonger le traité originel » et à « approfondir » le partenariat entre les deux nations.

 

Le MoDem 54 a été invité ce lundi 22 janvier 2018 au Goethe Institut à Nancy, à venir s’exprimer sur cette résolution d’un nouveau Traité de l’Elysée.

C’est le Mouvement Européen de Lorraine qui a été à l’initiative de cet événement auquel étaient conviés à participer tous les partis politiques.

La jeunesse était mise à l’honneur et c’est Antoine Grosdemange, Jeune Démocrate, qui s’est fait le porte-parole de notre Mouvement, en insistant sur les points liés plus spécifiquement aux jeunes.

Danièle Noël, présidente du MoDem 54, est intervenue en sa qualité de présidente d’EuRegio SaarLorLux pour défendre les éléments liés aux questions transfrontalières et aux Eurodistricts.

Puisque l’amitié franco-allemande est l’affaire de tous, le MoDem 54 soutient pleinement cette résolution de traitée de l’Elysée, en grande partie initiée par Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Nous vous invitons à retrouver l’intervention d’Antoine Grosdemange :
( Seul le prononcé fait foi)

« Le Gouvernement reconnaît donc parfaitement tout l’enjeu des relations bilatérales au sein de l’Union européenne et nous, MoDem, parti politique résolument européen, nous ne pouvons que nous en féliciter.

Ainsi, la proposition de Résolution pour un nouveau Traité de l’Élysée qui a été en partie initiée par Marielle de SARNEZ, députée et vice-présidente du MoDem, a pour finalité d’accroître le rôle des parlements dans la coopération franco-allemande. l’Assemblée nationale et le Bundestag proclament leur attachement à l’amitié franco-allemande au service de l’Europe. À travers cette résolution conjointe, les deux assemblées préconisent également un renforcement de la coopération bilatérale à travers la mise en œuvre à brève échéance de projets concrets.

Force est de reconnaître que 55 ans après sa signature, la France et l’Allemagne connaissent une relation bilatérale unique : plus de 2 200 jumelages, près de 3 000 entreprises allemandes implantées en France et plus de 1 600 entreprises françaises en Allemagne, 175 doubles diplômes universitaires reconnus de part et d’autre du Rhin.
Force est de reconnaître également que l’Europe a grand besoin d’un couple franco-allemand stable, fort et uni.

Les 26 points détaillés dans cette résolution pour un nouveau Traité de l’Elysee ont tous un impact déterminant sur notre avenir commun.
J’aimerais m’attarder sur les points 8 et 9 .
Le point 8 fait état de l’OFAJ.
En signant le Traité de l’Élysée, le 22 janvier 1963, Charles de Gaulle, alors Président de la République française, et Konrad Adenauer, Chancelier fédéral de l´Allemagne, avaient posé les fondements de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ).
En application des dispositions de ce Traité sur la coopération franco-allemande, l’Accord intergouvernemental du 5 juillet 1963 a crée un organisme dénommé l’ »Office franco-allemand pour la Jeunesse », chargé d´améliorer les relations entre la jeunesse française et la jeunesse allemande.
C’était une formidable avancée à l’époque où les générations avaient encore en mémoire les meurtrissures des conflits armés.
La France et l’Allemagne misaient sur la jeunesse pour construire des relations fraternelles.
Il est important de le rappeler, pour nous, jeunes, qui vivons, je dirais tout naturellement, dans un espace de paix, sans frontières.
Ces décisions politiques ont porté leurs fruits.

Aujourd’hui, L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) soutient chaque année plus de 9 000 programmes pour les 3 à 30 ans: échanges scolaires ou universitaires, stages obligatoires ou hors-cursus, rencontres sportives ou culturelles, cours de langue, offres d’emploi, formations interculturelles et bien d’autres…
Les actions de l’ OFAJ vont finalement bien au delà du couple franco allemand puisqu’elles invitent à porter une réflexion sur l’autre, sur le vivre ensemble, sur la question sociétale en se fondant sur le passé pour mieux construire l’avenir.
Pour ne citer qu’un exemple, en cette année 2018, on fête la fin de la Première Guerre Mondiale pour la centième fois. A l’occasion de cet événement, un des projets de l’OFAJ veut donner aux jeunes franco-allemands la possibilité de se consacrer aux questions de la paix, de la réconciliation et de la résistance, les conditions de leur possibilité, leurs commencements, leurs limites et leurs caractéristiques.

Où commence la paix, quand se termine la guerre et comment conçoit-on la résistance contre des formes de haine et violence? Quels pratiques et mécanismes permettent de nous dérober à des logiques de violence, du mépris et des stéréotypes monolithiques et de s’y opposer?
Ce sont là des réflexions fondamentales dans une société du 21eme siècle qui voit encore les mouvements extrémistes prendre de l’importance.
Ce projet pose les vraies questions des moyens, des idées et valeurs dont nous avons besoin au delà de tout clan partisan pour atteindre et maintenir l’état de paix.

La force du dialogue transfrontalier et des langues partagées estde se mettre à la recherche d’une narration franco-allemande de la paix d’après-demain.

Le deuxième point que je voudrais aborder brièvement, c’est la mobilité des étudiants, des apprentis et des jeunes professionnels entre la France et l’Allemagne, la reconnaissance d’un statut franco-allemand du stagiaire, le développement des centres de formation professionnelle franco-allemands, le renforcement des possibilités existantes en matière de formation et de formation continue, y compris en matière d’échanges d’apprentis. Il est abordé dans le point 8 et 9 de la résolution

En effet, si les programmes ERASMUS connaissent un succès qui n’est plus à démontrer dans le milieu universitaire, l’an dernier, seuls 6.800 apprentis ont bénéficié d’une bourse ERASMUS contre 44.000 étudiants.
Il nous apparaît, à nous, MoDem, que l’apprentissage doit être revalorisé entre la France et l’Allemagne, mais également entre d’autres pays européens.
À cet effet, nous soutenons le projet de Jean Arthuis, député de notre groupe ALDE au Parlement européen qui défend un nouveau programme ERASMUS Pro. Ce projet vient d’être remis à la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Plusieurs pistes y sont évoquées pour valoriser l’apprentissage et elles valoriseront aussi les relations franco-allemandes, comme évoquées dans la résolution.

Les principales mesures de ce rapport concernent le contrat de travail, les rémunérations, la protection sociale, l’harmonisation des diplômes au niveau européen. Et l’enseignement des langues dans les CFA.
L’apprentissage des langues étrangères, de la langue du voisin est un élément crucial.
Il faut que les cours de langues soient sérieusement renforcés dans les centres de formation. Ils le sont dans la plupart des pays européens. La France a, sur ce point, un certain retard.
Parmi les autres propositions: la désignation d’un référent, dans chaque CFA, chargé de la mobilité internationale. Le gouvernement promet d’évoquer l’ERASMUS Pro lors d’un prochain Conseil Européen à Bruxelles. Certaines mesures du rapport pourraient, par ailleurs, être intégrées dans le projet de loi, actuellement en préparation, sur la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle.

Pour ne pas être trop long, je vous invite à prendre connaissance du rapport de Jean Arthuis.

En conclusion, nous, MoDem, soutenons vivement la résolution pour un nouveau Traité de l’Élysée. Elle va dans le bon sens : l’amitié franco-allemande est un fondement même du processus d’intégration européenne et en est indissociable.

En en un mot, nous disons :
« Einmal Freunde, immer Freunde ! »

 

EXTRAIT DE LA RESOLUTION POUR UN NOUVEAU TRAITE DE L’ELYSEE

Point 8. Soutient résolument le travail de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse et de l’Université franco-allemande, institutions de référence, ainsi que la mobilité des étudiants, des apprentis et des jeunes professionnels entre la France et l’Allemagne. Soutient également la chaîne franco-allemande Arte ;

Point 9. Invite les gouvernements à mettre en œuvre résolument un statut franco-allemand du stagiaire, auquel s’appliquerait le régime classique de protection juridique, à développer des centres de formation professionnelle franco-allemands, à renforcer les possibilités existantes en matière de formation et de formation continue, y compris en matière d’échanges d’apprentis, et à faciliter la coopération franco-allemande dans l’enseignement supérieur, en harmonisant le statut des enseignants afin de faciliter la mobilité entre établissements des deux pays. Les deux pays s’engagent à développer dans les trois prochaines années des projets d’universités européennes. En Allemagne, le gouvernement fédéral engage à cette fin à une consultation étroite avec les Länder compétents en matière d’enseignement.

Les vœux de Danièle Noël

Madame, Monsieur,
Chers amis,

Au seuil de cette année nouvelle, je tiens, au nom des membres du bureau MoDem 54, vous présenter nos meilleurs vœux pour que 2018 vous apporte, ainsi qu’à ceux qui vous sont chers, bonheur, santé, amour, et sérénité.

L’année politique qui vient de s’achever nous a démontré une chose : qu’à l’impossible nul n’est tenu.

En effet, ce qui paraissait impossible il y a quelques mois encore, notre projet, celui de rassembler des hommes et des femmes venant d’horizons différents pour construire l’avenir de notre pays, s’est enfin réalisé.

Tout cela n’aurait sans aucun doute pu se faire sans la décision de François Bayrou, qui, en homme d’État responsable et conscient de la situation de notre pays, du danger de la montée des extrêmes, a offert son appui au candidat Emmanuel Macron.

C’est bien en ce jour où François Bayrou lui a tendu la main qu’ Emmanuel Macron a gagné sa qualification pour le second tour de l’élection présidentielle, et la victoire qui en a résulté. Cela a provoqué l’effondrement de l’extrême droite. Chacun garde en mémoire le débat de l’entre-deux tours qui a démontré aux Français l’incapacité de Marine Le Pen de gouverner la France.

Ce constat donne la mesure de la révolution à la fois culturelle et sociale qui vient de se produire dans notre pays.

2017 aura été l’année d’un renouveau politique, d’un élan porteur d’espoir.
Cet élan, il nous faut maintenant le transformer, concrètement.

C’est pour cela qu’inlassablement nous allons continuer à rassembler les Français autour du projet de la majorité présidentielle. Nul n’a le droit à l’erreur ; elle serait fatale.

2018 devra être l’année des confirmations et de l’ouverture de grands projets, parmi lesquels : le projet social que François Bayrou a clairement appelé de ces vœux lors de notre dernier Congrès, la relance économique, la lutte pour le développement durable et celui de la renaissance des valeurs en Europe.
Il nous faut poursuivre la construction de ces projets.

Les défis qui nous attendent sont à la fois immenses et passionnants.

Car ne nous y trompons pas, le « vieux monde « , comme certains aiment à l’appeler, est coriace.

Il est toujours présent. Il n’attend que nos  faux pas pour ressurgir et plonger la France vers le bas, vers les divisions mortifères. Ce n’est pas la gauche -il n’y a pas, aujourd’hui, d’alternative à gauche- ce n’est pas l’extrême droite, mais la droite extrême qui, après avoir dévoré et recyclé l’électorat Front National, en prendrait l’avantage.
De cela, nous ne voulons pas.

Nous, militants progressistes de la cause humaniste, avons toujours les mêmes ambitions: celles de rassembler et d’unifier, celles de lutter pour des projets, d’où qu’ils viennent, pour peu qu’ils tiennent la promesse d’un monde meilleur et plus solidaire.

Je sais, grâce à vous, que nous avons en nous la force de les réaliser et je compte sur vous.
Je souhaite donc que cette nouvelle année politique soit riche de découvertes, d’avancées sociétales et d’engagements réussis.

Pour conclure, j’emprunterai à Nelson Mandela cette citation: « Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs » pour vous souhaiter, une fois encore, une
bonne et heureuse année à tous !

Danièle NOËL
Présidente MoDem 54

Et les membres du Bureau MoDem 54

Montée de l’extrémisme et du populisme, où en est l’Europe ?

 

 

EuRegio, l’association des communes de la Grande Région dont j’assure la présidence , a organisé une journée d’études transfrontalières le 19 octobre à l’Institut Régional du Travail Social (IRTS) de Lorraine au Ban St Martin, sur le thème :

“ Montée de l’extrémisme et populisme, où en est l’Europe ?”
“Quelle efficacité ont les programmes de jeunesse pour lutter contre ce phénomène.”

Les résultats des dernières élections en France comme en Allemagne ont montré clairement cette montée des populismes, et ce paradoxalement dans des zones frontalières. Soixante ans après la signature du Traité de Rome, à l’heure où nous fêtons le 30ème anniversaire du programme ERASMUS, toute l’Europe connaît une période de repli sur soi, de montée des extrémismes et des populismes. Aucune de nos régions n’est épargnée.

Dans une région comme la nôtre, marquée par le fait frontalier, où nombre de nos citoyens profitent de l’ouverture des frontières européennes, mais aussi dans notre région, ancienne terre d’immigration, nous avons souhaité échanger et confronter les pratiques de nos différents services de jeunesse. Nous sommes convaincus qu’il est primordial de lutter contre toute forme de radicalisation le plus tôt possible tout en mettant en avant tout le potentiel qu’une région transfrontalière comme la Grande Région peut apporter à la jeunesse.
Avant de vous présenter un compte-rendu de ces échanges riches d’enseignement et des projets qui en découleront, je vous livre ici le discours que j’ai prononcé en introduction de cette journée.

Bonne lecture !
Danièle Noël

« Nous avons devant nous une journée de travail et de réflexion sur un sujet malheureusement toujours d’actualité puisqu’il concerne l’extrémisme et le populisme en Europe.
Nous aurons également à partager les actions qui sont déjà mises en place notamment à l’égard de la jeunesse et discuter de celles que nous devrons construire pour que ce fléau qui gangrène de nombreux pays européens cesse enfin.

La raison de cette thématique

Parce que nous sommes face à une situation assez inédite depuis la seconde guerre mondiale, parce que, outre ces montées du populisme et de l’extrême droite, nous assistons à une sorte de repli sur soi de l’individu et de la société, il nous est apparu essentiel de réunir autour d’une table des acteurs de notre Grande Région; cette Grande Région que nous pouvons considérer comme un véritable laboratoire européen, accueillant, ouvert et multiculturel.
Un tel repli sur soi ne s’explique pas toujours et uniquement par la crise économique. Il n’y a pas de caractère systématique entre situation socio-économique, immigration et extrême droite.
Il y a une combinaison d’éléments, un sentiment de crise générale, née de la complexification du monde et des crises récentes, comme celle de l’Euro ou des réfugiés, du Brexit et celle des vagues d’ attentats qui font que nous pansons nos maux, sous le joug de barbares sanguinaires qui s’attaquent aux valeurs de nos démocraties.
Cette complexité peut entraîner une forme de nostalgie pour une époque où le fonctionnement du monde reposait sur deux systèmes antagonistes. Elle peut aussi provoquer la réaction de voter pour des partis qui proposent des solutions simplistes, comme les partis d’extrême droite, mais, nous le savons bien, qui sont irréalistes voire mortifères.
L’extrême droite et les partis populistes ne sont pas des partis politiques comme les autres. Il faut le dire et le redire. Ces partis, s’ils arrivaient au pouvoir, ne prendraient jamais des mesures qui maintiennent l’ordre démocratique. Et pourtant, ils progressent.
Le populisme se fonde sur une idéologie qui fait la promotion du “peuple” – imaginaire ou réel, majoritaire ou identitaire en développant un discours fondé sur une triple méfiance : contre les élites, contre un système caché ( la théorie du complot) , contre l’internationalisme et l’union européenne.
En septembre, le journal français « Libération » titrait ainsi sa une : « Nazis, la 3ème génération ». Une une à faire froid dans le dos pour tous ceux qui portent un regard éclairé vers le passé et se souviennent de l’audace des Pères fondateurs de l’Europe qui au lendemain de la seconde guerre mondiale avaient bousculé les États Nations pour construire un espace de paix.
Ce titre ne renvoie pas qu’aux heures sombres qui ont marqué nos amis et voisins allemands; il marque une génération, jeune, qui naît en Hongrie, en Suède, en Autriche, en France et ailleurs, où les militants extrémistes ne se cachent plus. Des militants défilent encore avec flambeaux et blousons noirs, poings tendus, dans les rues de Paris. Certains « citoyens du Reich » vont jusqu’à s’inventer des mini-Etats personnels. Leur stratégie : avancer masqué derrière des prétextes culturels. Leur objectif : distiller la peur de l’islam et des immigrés. Leurs effectifs grandissent en même temps que l’extrême droite engrange les résultats électoraux.

Pourquoi donc une telle montée des extrêmes?

La crise des réfugiés a certes contribué à créer une dynamique qui rend plus audible le discours d’extrême droite.
En Europe, une vague populiste cherche à rejeter la responsabilité de la stagnation économique actuelle sur les migrants, qu’ils viennent d’Europe ou d’ailleurs. Encouragée par les populistes, une partie grandissante de la population considère que les droits humains ne protégent plus que ces « autres » personnes, ces réfugiés, et non pas eux-mêmes.
Aux yeux des populistes, c’est un risque d’ invasion, de violation de leur propre identité voire de transgression de leur culture; cela se traduit par une préférence nationale qui l’emporte trop souvent sur l’universalité.
Mais par définition, les droits humains ne se prêtent pas à une application à la carte.

Les réactions des dirigeants politiques

Aujourd’hui, c’est en tant que présidente d’Euregio Saar-Lor-Lux que je m’exprime, mais aussi en tant qu’élue et politique. Je ne serai cependant pas tendre à l’égard d’une certaine classe politique.
Face à une telle situation, certains dirigeants politiques font le jeu de l’autruche, enfouissant la tête dans le sable, dans l’espoir que la tempête populiste s’essouffle.
D’autres, n’hésitent pas à flatter les passions populistes et jouent des numéros d’équilibristes pour glaner quelques voix lors des élections.
Quant aux démagogues, ils sont experts dans l’art de proposer de fausses explications et de fausses solutions à des problèmes bien réels afin de remporter l’adhésion du public. Ils brossent dans le sens du poil…
Et puis, il y a aussi et surtout ces dirigeants, ces partis politiques nationaux qui se servent de l’Europe pour expliquer et camoufler leurs propres faillites nationales, qui rendent l’Europe responsable de leurs propres maux.
Tout ceci est un jeu bien dangereux qui ne fait qu’accroître la montée en puissance des populistes, le mécontentement grandissant de la population vis-à-vis du statu quo et de leurs dirigeants politiques.

La colère du peuple européen contre les dirigeants

Mais, le peuple européen est en colère. Et donc, l’extrême droite et les démagogues prospèrent sur la colère, le ressentiment, la pulsion.
Jamais sur la réflexion.
Les peuples européens aujourd’hui sont animés par un mélange étrange de peur et de colère.
Un continent qui a dominé le monde avant de s’effondrer dans les abysses de l’horreur et en renaître pourrait estimer que le pire est derrière lui. Pourtant, il semblerait que nous nous retrouvions tétanisés et que seule domine la colère. Cette colère se traduit contre les dirigeants. Comme s’ils étaient responsables de cette peur.
Par un étrange hasard, ceux qui soufflent sur les braises semblent disposer de moyens rarement accumulés pour attiser cette colère.
Cependant, tout cela semble plus de l’ordre du symptôme et n’explique pas l’acharnement à décrire la situation comme encore pire qu’elle ne l’est réellement. Car si les peuples sont en colère, et le font comprendre à travers des votes populistes, c’est donc que quelque chose ne fonctionne plus aussi dans la relation entre le peuple et les élus.
Car si ces crises ne sont ni nouvelles ni pires que d’autres, c’est qu’il y a peut être un autre motif sous-jacent. Et c’est à ce motif qu’il faudrait aujourd’hui répondre.

Le peuple européen a besoin de valeurs

Ce qui est troublant, dans la société hyperconnectée du XXI ème siècle, c’est ce besoin d’immédiateté, de consommation d’informations à tout va. Nous ne sommes plus lecteurs d’informations, nous sommes consommateurs. On n’apprend plus, on ingurgite. Sans recul, sans analyse, sans vérification. C’est la société du « buzz » et du « gobe-tout ». C’est l’inondation d’informations erronées, voire fausses, sur tous les sujets qui dépeignent la situation européenne comme systématiquement catastrophique et allant vers une effondrement total. C’est la faute à l’Europe entend-t-on trop souvent.
L’Europe est certes imparfaite et demande des réformes de fond pour devenir le véritable espace démocratique qu’elle aspire à être. Cependant, lorsqu’elle y parviendra, elle sera une démonstration à la face du monde que les despotes éclairés qui ont pris les commandes de tant de pays depuis ces dernières années ne sont que des aventuriers au petit pied servis par une chance insolente. S’il faut vous en convaincre, l’effondrement vénézuélien devrait nous servir de source de réflexions.
Contrairement à ce que beaucoup voulaient croire, l’Europe est encore loin de la maturité et sa construction commence à peine. Ce qui explique le succès du populisme, c’est que nous n’avons pas pu construire ce contre discours qui explique aux peuples que beaucoup reste encore à faire.
Nous avons pour le moment les outils pour construire notre liberté face à un monde qui ne rêve que de domination et d’asservissement. Et il est temps de s’en servir pour notre bien à tous, pour la défense du bien commun.

La nécessité de réaffirmer la défense du bien commun européen

La défense du bien commun passe par la défense des valeurs des droits humains et européens. Politiquement, elle passe par le statu quo, le compromis des modérés, n’en déplaise aux extrêmes. C’est bien autre chose qu’une posture politique, c’est un état d’esprit qui cultive une politique de projets.
Au Parlement européen, parler “des Allemands ”, “des Italiens”, des “Belges” ou des “Français”, n’a guère de pertinence. Le peuple européen dont les europhobes bornés prétendent encore qu’il n’existe pas et n’existera jamais, est bel et bien vivant. Alors, arrêtons de faire de l’Europe un bouc émissaire !
L’Europe est état d’esprit. C’est une forme d’audace, celle portée depuis des siècles par des pionniers, des optimistes, des visionnaires, et dont sans cesse, nous devons faire preuve. Cet état d’esprit se construit autour d’un projet au service de la défense des valeurs humaines et non pas focalisé sur l’économie. Avec un seul objectif : que l’Union européenne aujourd’hui qualifiée de lointaine, incompréhensible, parlant une langue pour initiés soit reconnue et redevienne aimée des peuples qui la composent.
Et parce que L’Europe, la Grande Région, c’est notre histoire commune, notre horizon, ce qui nous donne un avenir, elle est un super rempart contre la démagogie ! Disons-le haut et fort.
Cessons de jouer sur les peurs et cessons d’idéaliser l’Europe! Il nous appartient de cesser d’idéaliser l’Europe pour mieux la penser.

Poursuivons notre construction!

Et puisque la jeunesse est notre meilleur gage d’avenir, faisons-lui confiance et offrons-lui les clés de la réussite!

Je vous remercie. »

Danièle Noël
Présidente EuRegio

Visionnez l’intervention de Nathalie Griesbeck à l’occasion de ce séminaire.