En matière d’éthique et de moralité, le Parlement européen se veut exemplaire.

Tandis qu’une affaire d’emploi fictif provoque en France le chaos dans le paysage médiatique, on a un peu tendance à passer en arrière-plan une autre affaire du même acabit qui concerne la candidate d’extrême droite à la présidentielle.

En effet, Marine Le Pen a été prise la main dans le sac par le Parlement européen avec des affaires d’emplois fictifs. (Tel père, telle fille : en mai 2016, Jean-Marie Le Pen a été reconnu coupable dans un dossier similaire.)

Cette affaire fait l’objet depuis mi-décembre d’une information judiciaire . Elle concerne également d’autres eurodéputés FN.

Il en ressort que l’eurodéputée frontiste est en infraction avec les règles du Parlement européen relatives à l’emploi des assistants parlementaires. Elle est accusée -et condamnée- pour avoir utilisé l’argent du Parlement européen afin de rémunérer des collaborateurs qui n’ont jamais mis un pied à Bruxelles ou à Strasbourg et pour avoir payé ces derniers à des fins partisanes.

Dans cette affaire, le Parlement européen s’est fondé sur le résultat d’une enquête de l’OLAF, (l’Office européen de lutte anti fraude) qui conclut qu’elle a bel et bien « enfreint la réglementation sur les assistants parlementaires « .

Les mains dans le pot de confiture, Marine LePen continue à nier et en appelle au complot.

Le règlement du Parlement européen est clair : l’argent destiné aux assistants parlementaires ne peut être utilisé pour « financer des contrats conclus avec des groupes politiques ou partis politiques du Parlement ». « Seules les dépenses nécessaires et directement liées à l’exercice du mandat parlementaire peuvent être défrayées ».

La députée d’extrême droite avait jusqu’au 31 janvier pour rembourser près de 340 000 Euros de fonds européens.

Ce qu’elle s’est refusée à faire.

Mais on ne tergiverse pas cent sept ans au Parlement européen !

Pour être remboursé, le Parlement européen a décidé de déclencher une procédure de retenue sur ce que perçoit l’élue. À savoir, une retenue de 100% des indemnités de ses frais généraux et de 50% de ses indemnités de députée européenne.

La procédure devrait commencer dès ce mois de février.

Il y a une justice tout de même ! Et un code de conduite à respecter !

Prenons-en de la graine.

Danièle NOËL
Présidente MoDem 54

Consultez le Code de conduite des députés européens