Le 14 décembre 2016, le Gouvernement, le Conseil d’État, le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, le rapporteur du projet de loi, le Parlement, tous, ont approuvé une cinquième prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet 2017.

Bruno Le Roux, le nouveau ministre de l’intérieur, a estimé que “la séquence des élections présidentielle et législatives de 2017 est un moment de risques de déstabilisation importants alors que les groupes terroristes ont une lecture politique des temps démocratiques qui sont les nôtres.”

Pour rappel:

L’état d’urgence autorise le préfet ou le ministre de l’Intérieur de :

  • limiter ou interdire la circulation dans certains lieux,
  • interdire certaines réunions publiques ou fermer provisoirement certains lieux publics, (…)*

Chaque municipalité dès lors où elle entend organiser ou autoriser une manifestation, même festive, doit s’en remettre au préfet pour répondre à des règles souvent très contraignantes, assurer la sécurité des concitoyens et veiller à ce que rien ne vienne troubler l’ordre public.

La manifestation au Trocadéro est l’art du trompe l’œil

Néanmoins, autorisation a dû être accordée puisque les fillonistes espèrent cet après-midi de 40 à 45.000 personnes au Trocadéro, grâce au concours de « Sens commun », émanation politique de « La Manif pour tous ».

Il n’est pas question ici de remettre en cause la liberté et la démocratie, bien au contraire. Force est à la loi.

Aujourd’hui, deux choses me troublent profondément :

  • Le Gouvernement fait preuve de laxisme face à cet état d’urgence et va, encore, user des forces de l’ordre mises à rude épreuve, depuis de longs mois, pour encadrer une manifestation qui peut être “à hauts risques”,
  • Un candidat au plus hautes fonctions de la République se moque de la loi et appelle publiquement à manifester.

Je pointe du doigt la responsabilité de chacun

On ne peut dire et laisser faire.

On ne peut prétendre à être le futur garant de nos institutions et s’en contre foutre quand cela nous arrange.

La manifestation au Trocadéro n’est pas la démonstration de l’expression démocratique : elle est irresponsable, « sans foi ni loi » et joue avec le feu !

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

*Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l’état d’urgence.
Version consolidée au 05 mars 2017
Article 8 : Peuvent être également interdites, à titre général ou particulier, les réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre.
Les cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique peuvent être interdits dès lors que l’autorité administrative justifie ne pas être en mesure d’en assurer la sécurité compte tenu des moyens dont elle dispose.