Signé le 22 janvier 1963, le Traité de l’Élysée portait l’ambition d’ancrer la réconciliation franco-allemande au sein de la société, en particulier par le biais de la culture et des échanges de jeunes. Ce traité a contribué à accompagner la construction du projet européen que nous connaissons aujourd’hui.

Fait marquant cette année, l’Assemblée Nationale et le Bundestag se sont prononcés, lors d’une session exceptionnelle, sur une résolution commune pour un nouveau Traité de l’Élysée. Cette résolution commune réaffirme 55 années de coopération entre nos deux pays et appelle, au travers de 26 points concrets, à « prolonger le traité originel » et à « approfondir » le partenariat entre les deux nations.

 

Le MoDem 54 a été invité ce lundi 22 janvier 2018 au Goethe Institut à Nancy, à venir s’exprimer sur cette résolution d’un nouveau Traité de l’Elysée.

C’est le Mouvement Européen de Lorraine qui a été à l’initiative de cet événement auquel étaient conviés à participer tous les partis politiques.

La jeunesse était mise à l’honneur et c’est Antoine Grosdemange, Jeune Démocrate, qui s’est fait le porte-parole de notre Mouvement, en insistant sur les points liés plus spécifiquement aux jeunes.

Danièle Noël, présidente du MoDem 54, est intervenue en sa qualité de présidente d’EuRegio SaarLorLux pour défendre les éléments liés aux questions transfrontalières et aux Eurodistricts.

Puisque l’amitié franco-allemande est l’affaire de tous, le MoDem 54 soutient pleinement cette résolution de traitée de l’Elysée, en grande partie initiée par Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Nous vous invitons à retrouver l’intervention d’Antoine Grosdemange :
( Seul le prononcé fait foi)

« Le Gouvernement reconnaît donc parfaitement tout l’enjeu des relations bilatérales au sein de l’Union européenne et nous, MoDem, parti politique résolument européen, nous ne pouvons que nous en féliciter.

Ainsi, la proposition de Résolution pour un nouveau Traité de l’Élysée qui a été en partie initiée par Marielle de SARNEZ, députée et vice-présidente du MoDem, a pour finalité d’accroître le rôle des parlements dans la coopération franco-allemande. l’Assemblée nationale et le Bundestag proclament leur attachement à l’amitié franco-allemande au service de l’Europe. À travers cette résolution conjointe, les deux assemblées préconisent également un renforcement de la coopération bilatérale à travers la mise en œuvre à brève échéance de projets concrets.

Force est de reconnaître que 55 ans après sa signature, la France et l’Allemagne connaissent une relation bilatérale unique : plus de 2 200 jumelages, près de 3 000 entreprises allemandes implantées en France et plus de 1 600 entreprises françaises en Allemagne, 175 doubles diplômes universitaires reconnus de part et d’autre du Rhin.
Force est de reconnaître également que l’Europe a grand besoin d’un couple franco-allemand stable, fort et uni.

Les 26 points détaillés dans cette résolution pour un nouveau Traité de l’Elysee ont tous un impact déterminant sur notre avenir commun.
J’aimerais m’attarder sur les points 8 et 9 .
Le point 8 fait état de l’OFAJ.
En signant le Traité de l’Élysée, le 22 janvier 1963, Charles de Gaulle, alors Président de la République française, et Konrad Adenauer, Chancelier fédéral de l´Allemagne, avaient posé les fondements de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ).
En application des dispositions de ce Traité sur la coopération franco-allemande, l’Accord intergouvernemental du 5 juillet 1963 a crée un organisme dénommé l’ »Office franco-allemand pour la Jeunesse », chargé d´améliorer les relations entre la jeunesse française et la jeunesse allemande.
C’était une formidable avancée à l’époque où les générations avaient encore en mémoire les meurtrissures des conflits armés.
La France et l’Allemagne misaient sur la jeunesse pour construire des relations fraternelles.
Il est important de le rappeler, pour nous, jeunes, qui vivons, je dirais tout naturellement, dans un espace de paix, sans frontières.
Ces décisions politiques ont porté leurs fruits.

Aujourd’hui, L’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) soutient chaque année plus de 9 000 programmes pour les 3 à 30 ans: échanges scolaires ou universitaires, stages obligatoires ou hors-cursus, rencontres sportives ou culturelles, cours de langue, offres d’emploi, formations interculturelles et bien d’autres…
Les actions de l’ OFAJ vont finalement bien au delà du couple franco allemand puisqu’elles invitent à porter une réflexion sur l’autre, sur le vivre ensemble, sur la question sociétale en se fondant sur le passé pour mieux construire l’avenir.
Pour ne citer qu’un exemple, en cette année 2018, on fête la fin de la Première Guerre Mondiale pour la centième fois. A l’occasion de cet événement, un des projets de l’OFAJ veut donner aux jeunes franco-allemands la possibilité de se consacrer aux questions de la paix, de la réconciliation et de la résistance, les conditions de leur possibilité, leurs commencements, leurs limites et leurs caractéristiques.

Où commence la paix, quand se termine la guerre et comment conçoit-on la résistance contre des formes de haine et violence? Quels pratiques et mécanismes permettent de nous dérober à des logiques de violence, du mépris et des stéréotypes monolithiques et de s’y opposer?
Ce sont là des réflexions fondamentales dans une société du 21eme siècle qui voit encore les mouvements extrémistes prendre de l’importance.
Ce projet pose les vraies questions des moyens, des idées et valeurs dont nous avons besoin au delà de tout clan partisan pour atteindre et maintenir l’état de paix.

La force du dialogue transfrontalier et des langues partagées estde se mettre à la recherche d’une narration franco-allemande de la paix d’après-demain.

Le deuxième point que je voudrais aborder brièvement, c’est la mobilité des étudiants, des apprentis et des jeunes professionnels entre la France et l’Allemagne, la reconnaissance d’un statut franco-allemand du stagiaire, le développement des centres de formation professionnelle franco-allemands, le renforcement des possibilités existantes en matière de formation et de formation continue, y compris en matière d’échanges d’apprentis. Il est abordé dans le point 8 et 9 de la résolution

En effet, si les programmes ERASMUS connaissent un succès qui n’est plus à démontrer dans le milieu universitaire, l’an dernier, seuls 6.800 apprentis ont bénéficié d’une bourse ERASMUS contre 44.000 étudiants.
Il nous apparaît, à nous, MoDem, que l’apprentissage doit être revalorisé entre la France et l’Allemagne, mais également entre d’autres pays européens.
À cet effet, nous soutenons le projet de Jean Arthuis, député de notre groupe ALDE au Parlement européen qui défend un nouveau programme ERASMUS Pro. Ce projet vient d’être remis à la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Plusieurs pistes y sont évoquées pour valoriser l’apprentissage et elles valoriseront aussi les relations franco-allemandes, comme évoquées dans la résolution.

Les principales mesures de ce rapport concernent le contrat de travail, les rémunérations, la protection sociale, l’harmonisation des diplômes au niveau européen. Et l’enseignement des langues dans les CFA.
L’apprentissage des langues étrangères, de la langue du voisin est un élément crucial.
Il faut que les cours de langues soient sérieusement renforcés dans les centres de formation. Ils le sont dans la plupart des pays européens. La France a, sur ce point, un certain retard.
Parmi les autres propositions: la désignation d’un référent, dans chaque CFA, chargé de la mobilité internationale. Le gouvernement promet d’évoquer l’ERASMUS Pro lors d’un prochain Conseil Européen à Bruxelles. Certaines mesures du rapport pourraient, par ailleurs, être intégrées dans le projet de loi, actuellement en préparation, sur la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle.

Pour ne pas être trop long, je vous invite à prendre connaissance du rapport de Jean Arthuis.

En conclusion, nous, MoDem, soutenons vivement la résolution pour un nouveau Traité de l’Élysée. Elle va dans le bon sens : l’amitié franco-allemande est un fondement même du processus d’intégration européenne et en est indissociable.

En en un mot, nous disons :
« Einmal Freunde, immer Freunde ! »

 

EXTRAIT DE LA RESOLUTION POUR UN NOUVEAU TRAITE DE L’ELYSEE

Point 8. Soutient résolument le travail de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse et de l’Université franco-allemande, institutions de référence, ainsi que la mobilité des étudiants, des apprentis et des jeunes professionnels entre la France et l’Allemagne. Soutient également la chaîne franco-allemande Arte ;

Point 9. Invite les gouvernements à mettre en œuvre résolument un statut franco-allemand du stagiaire, auquel s’appliquerait le régime classique de protection juridique, à développer des centres de formation professionnelle franco-allemands, à renforcer les possibilités existantes en matière de formation et de formation continue, y compris en matière d’échanges d’apprentis, et à faciliter la coopération franco-allemande dans l’enseignement supérieur, en harmonisant le statut des enseignants afin de faciliter la mobilité entre établissements des deux pays. Les deux pays s’engagent à développer dans les trois prochaines années des projets d’universités européennes. En Allemagne, le gouvernement fédéral engage à cette fin à une consultation étroite avec les Länder compétents en matière d’enseignement.