Côté Villerupt, les habitations de la butte concernée par le projet de carrières.

Dans un communiqué de presse en date du 10 février 2018, le MoDem 54 a exprimé de manière argumentée son opposition au projet de carrière à Audun-Le-Tiche. 

Le projet vivement contesté par la population engendre des risques et des nuisances reconnus d’autant que le site d’exploitation choisi est situé au-dessus de galeries minières inexploitées depuis 1997, classées, pour certaines, en forte probabilité d’affaissement.

Nous saluons donc la motion adoptée le jeudi 29 mars 2018 par le Conseil régional du Grand Est qui se positionne quasi à l’unanimité -moins une voix- contre ce projet auquel nous sommes fermement opposés.

La conclusion de cette motion fait état qu’au vu de l’exposé des motifs, les élus du Conseil Régional du Grand Est :

« Notent que cette carrière, à l’endroit où elle se trouve, n’apparait pas en cohérence avec les orientations posées par l’Opération d’Intérêt National (OIN) d’Alzette-Belval et en contradiction avec les réflexions portées dans le cadre du SRADDET du Grand Est ; Mettent en place un accompagnement économique sur ce territoire destiné à l’émergence de projets inscrits dans les filières d’avenir du SRDEII. »

Le MoDem 54 réitère que la nécessaire reconversion industrielle et la reconquête économique de ce secteur est en cours. Elle est accompagnée par l’Etat et la Région dans le cadre du Pacte Lorraine.

Elle le sera d’autant que ce secteur a pleinement les potentiels et les ressources d’innovation pour s’inscrire dans la Vallée européenne des matériaux et de l’énergie.

Elle ne le sera aucunement en cherchant redonner de vains espoirs datant d’un autre siècle.

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

Voici le texte complet de la motion adoptée lors de la séance plénière du Conseil régional Grand Est du jeudi 29 mars 2018 :

Motion concernant le projet de carrière – Commune d’Audun-le-Tiche

Exposé des motifs :

Ce projet de carrière sur la commune d’Audun-le-Tiche (Département de la Moselle) se situe au cœur du périmètre de l’Opération d’Intérêt National (OIN) d’Alzette-Belval, à proximité immédiate du Luxembourg. Cette OIN a été qualifiée par le Président de la République en octobre 2009 et validée par décret en avril 2011. L’OIN Alzette-Belval est atypique puisque contrairement aux OIN existantes, elle ne se raccroche pas à une grosse métropole et ne se résume pas uniquement à la construction ou à la réhabilitation d’un quartier.

Cette OIN doit reconquérir un cadre de vie de qualité en recherchant la mixité des fonctions urbaines, la réinsertion des friches industrielles, le renouvellement de centres anciens, l’amélioration de la qualité résidentielle dans les secteurs denses mais aussi périurbains, tout en tenant compte des espaces naturels, des sites et espèces à protéger présents sur le territoire. C’est sa première spécificité.

La seconde spécificité de l’OIN Alzette-Belval est qu’elle porte un projet transfrontalier avec le Grand-Duché du Luxembourg. En effet, le projet français, tourné vers la ville d’Esch-sur-Alzette, est dépendant mais aussi complémentaire du projet luxembourgeois d’Esch-Belval.

Ce projet de carrière présente un nombre important de risques et de nuisances. Les craintes sont fondées, puisque le site d’exploitation choisi est situé au-dessus de galeries minières, le long de la départementale 16 (très fréquentée) et à proximité d’habitations. De plus, Le projet d’exploitation de la carrière d’Audun-le-Tiche prévoit des interruptions temporaires du trafic sur la RD16 au moment des tirs d’explosifs.

Les nuisances et risques de surface induits par l’exploitation de la carrière sont à l’évidence nombreux et pas sans conséquences et pourrait être préjudiciable à l’organisation spatiale du territoire, et notamment à la mobilité.

Pour mémoire, en décembre 2015, suite aux résultats de l’enquête publique défavorable au projet, le Préfet de Lorraine avait refusé de délivrer à la société Cogesud l’autorisation d’exploitation. En octobre 2017, le tribunal administratif de Strasbourg annulait l’arrêté préfectoral sur la forme au motif d’une erreur de droit.

De plus, ce territoire a déjà beaucoup donné à la Région et aux Pays (mines, sidérurgie). Il est en reconversion industrielle et en reconquête économique. Il a été accompagné par l’Etat et la Région dans le cadre du Pacte Lorraine. Il va continuer à l’être. Il a pleinement les potentiels et les ressources d’innovation pour s’inscrire dans la Vallée européenne des matériaux et de l’énergie.

Ce territoire mérite des projets de développement économique inscrits dans le 21ème siècle et conformes aux filières d’avenir fixées dans le cadre du SRDEII. Force est de constater que cette carrière, à l’endroit où elle se trouve, ne répond nullement à ces objectifs.

Il est donc de notre responsabilité de se positionner sur ce dossier (même si la Loi n’y contraint pas la collectivité).

Vu l’exposé des motifs ;

Les élus du Conseil Régional du Grand Est :

Notent que cette carrière, à l’endroit où elle se trouve, n’apparait pas en cohérence avec les orientations posées par l’Opération d’Intérêt National (OIN) d’Alzette-Belval et en contradiction avec les réflexions portées dans le cadre du SRADDET du Grand Est ;

Mettent en place un accompagnement économique sur ce territoire destiné à l’émergence de projets inscrits dans les filières d’avenir du SRDEII.