Danièle Noël, présidente du Mouvement Démocrate de Meurthe-et-Moselle (MoDem 54) et Antoni Banasiak, délégué départemental sont allés ce jeudi 12 avril à la rencontre des salariés de SoLocal et des représentants de l’intersyndicale.

 

Depuis des mois, les employés de SoLocal manifestent pour sauvegarder leurs emplois et défendre une entreprise à laquelle ils sont profondément attachés.
Pour l’opinion publique, le nom de SoLocal n’interpelle pas vraiment.
Lorsque l’on sait que SoLocal Group est l’ex-filiale de France Télécom, l’héritier des annuaires téléphoniques PagesJaunes, qu’il détient Mappy et Ooreka et « À vendre À louer », et que ses partenaires sont les acteurs mondiaux de l’Internet comme Apple, Google, Bing, Yahoo! et Facebook, cela parle d’avantage au grand public.

 

Les PagesJaunes ne sont déjà plus à l’image des célèbres annuaires papier du nom de leur créateur Sébastien Bottin en 1763. Ces annuaires papier vont d’ailleurs subir une mort annoncée.

Les PagesJaunes ont suivi la nécessaire évolution numérique. Elles sont présentes sur Internet depuis 1997, et la première application mobile a été lancée en 2000.
Le groupe réalise 80% de son activité avec Internet. Il peut s’appuyer sur sa présence ancienne sur la toile et un personnel qui s’est formé et adapté à la révolution digitale.
La vie de cette société au fil du temps a toutefois été chaotique. Certains dont le principal actionnaire, dénonçant une opacité, avec « de multiples conflits d’intérêts » qui en firent « un arrangement entre amis sur le dos de l’ entreprise. »
Elle se veut désormais nouvelle et clairement identifiée pour une expérience utilisateur enrichie « full Web & Apps » : « Digital Presence », « Digital Advertising », « Digital Sites », « Digital solutions », « Print to digital »…
L’utilisateur -artisan, PME, startup ou autre- devrait donc s’y retrouver. Ou pas.
Le défi est posé ; il s’appelle SoLocal 2020.

Aujourd’hui, les salariés des PagesJaunes broient du noir.

Après avoir accepté une remise en question de leur entreprise, s’être pliés au jeu de la concurrence et de l’évolution du marché, les salariés ont appris de manière brutale la lourde restructuration mise en place par les nouveaux dirigeants qui sont l’ex-patron de Numericable et celui de Microsoft Europe de l’Ouest, respectivement comme président et DG du groupe.

La survie du groupe est impérieuse. Elle exige une reprise en mains cohérente.
Il n’est pas ici question de remettre en cause cette exigence de survie.

Cependant, il est permis de constater que la méthode est drastique et la stratégie obscure.
Pour les salariés, l’annonce a été faite soit par visioconférence soit par voie de presse. Le plan vécu par les salariés comme « brutal », « violent », « ignoble » et « injuste » va supprimer 1.000 postes, sur près de 4.500, pendant la période 2018-2019, dont 800 dès cette année. Le plan «de sauvegarde de l’emploi» présenté par la direction de SoLocal qui emploie en France 4 500 salariés passe donc par la suppression de 1000 emplois.

Sur les 19 agences implantées actuellement en province, 15 seront supprimées ; le compte est vite fait, il n’ en restera que quatre et le mode d’ordre sera : « business continuity ».
La Région Grand Est verra ainsi ses deux agences fermer : celle de Strasbourg et celle de Nancy. À Nancy, 56 postes doivent déjà être supprimés d’ici à décembre.

Quelle stratégie à long terme ?

Sans entrer dans le douloureux facteur humain que toute suppression d’emplois engendre, il est permis de s’interroger sur la stratégie mise en place par le groupe SoLocal de vouloir déserter le Grand Est et la cité ducale.

Sur notre territoire en pleine évolution, nous avons pleinement mesuré les enjeux de la révolution digitale. Alors que certains exacerbent les aspects les plus anxiogènes du numérique, nous en faisons un vecteur d’avenir.

Alors que SoLocal mise sur l’évolution numérique, ce groupe choisit d’abandonner un territoire qui s’est vu labellisé LORnTECH.

Ce label confirme le fort potentiel de développement de l’économie du numérique en Lorraine. Il couronne la reconnaissance nationale d’un territoire dédié à la réussite des entreprises du numérique, avec la présence de dispositifs de soutien, d’accompagnement et d’accélération uniques à l’instar du Paddock mais également grâce à une mobilisation conjointe des collectivités, des entreprises et des clusters.
LORnTECH s’affirme comme un vivier de talents, d’envies et d’énergies qui s’appuie sur une volonté d’avenir et sur un capital humain.
Ce capital humain est composé de KBC, de « Knowledge Based Capital » comme le définit l’OCDE, ou de capital en devenir puisque les quinze écoles d’ingénieurs nancéiennes tirent une dynamique portée par des champions émergents du numérique. Cette dynamique a, et aura, valeur d’exemple et d’émulation.
Dans la même logique, les territoires qui vont également le mieux réussir à moyen terme seront celles qui auront réussi à massifier des systèmes de formation de qualité.

Le MoDem 54 s’interroge de savoir si SoLocal ne ferait pas le choix de quitter le train de l’avenir à l’heure où il se met en route.

SoLocal dispose actuellement d’un capital humain prêt à accélérer une nouvelle fois la transition numérique ; ce sont ses employés. Ils sont prêts à entendre, à dialoguer, à se former. Ils en ont les compétences, l’envie, le besoin.
La valeur ajoutée qu’ils apportent et qui ne se mesure pas dans le big data, c’est que tous aiment leur entreprise et ont cette volonté chevillée au corps de la faire perdurer.

Le projet SoLocal 2020 peut s’inscrire dans la dynamique numérique mise en place à Nancy, dans la Métropole du Grand Nancy, dans le Sillon lorrain, dans une région prometteuse tournée vers nos partenaires européens.

Pour toutes ces raisons, le MoDem 54 soutient pleinement les salariés de SoLocal et souhaite vivement qu’une stratégie pérenne, humaine, agile puisse être trouvée en tenant compte du fort potentiel digital mis en œuvre au niveau local.

Danièle Noël
Présidente MoDem 54

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