S’il est de ces sujets pour lesquels 100 fois sur le métier je remettrai l’ouvrage, c’est bien celui-là.

Depuis des années, nous, MoDem, alertons et répétons à qui veut bien l’entendre que « Les abeilles, aujourd’hui en danger, sont indispensables à la survie de l’humanité. Ce sont nos sœurs de création… » (#Bayrou. Mai 2011)

Ça nous a valu bien des moqueries. Qu’importe. Nous signons et persistons.

Le phénomène de mortalité des abeilles porte un nom : “Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles” ou CCD (Colony Collapse Disorder). Subitement, les ruches se vident de leurs abeilles sans que l’on ne retrouve aucun cadavre à proximité.

En France, ce sont près de 30 % des colonies d’abeilles qui disparaissent chaque année. En 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité.

En janvier 2018, alors que de nombreuses organisations de défense de l’environnement dans différents pays européens tiraient la sonnette d’alarme concernant l’avenir des abeilles, la Commission européenne a décidé de lancer une consultation publique sur le déclin des pollinisateurs en Europe, une des causes probables de la disparition des abeilles.

Des preuves scientifiques

De nombreuses études ont désigné ces insecticides comme « les principaux responsables de l’effondrement des populations d’insectes pollinisateurs » et plus globalement comme portant atteinte à la biodiversité.

Une étude conjointe du Musée national d’Histoire naturelle et du CNRS en date du 20 mars dernier, indiquait qu’en « Europe, 37 % des populations d’abeilles, sauvages et domestiques, et 31 % des papillons sont déjà en déclin et 9 % menacées de disparaître ».

Le 27 Avril 2018, l’Union européenne a enfin voté en défaveur de trois néonicotinoïdes, interdisant ainsi l’utilisation de trois pesticides.

Pour interdire ces produits, le vote de 16 pays sur 28 était nécessaire. Il y en a eu tout juste 16…

C’est dire à quel point la sensibilisation, l’information et la mobilisation restent essentielles.

L’interdiction sera effective en 2019.

Elle porte sur toutes les cultures de plein champ, avec une exception toutefois pour les usages en serre. Le taux de mortalité des abeilles atteint jusqu’à 80% dans certaines ruches européennes. On parle donc de surmortalité.

Aujourd’hui, ce 7 juin 2018, un peu partout en France, est un jour de mobilisation nationale pour le soutien aux apiculteurs sinistrés et la défense d’un environnement viable pour les abeilles.

S’il faut encore démontrer pourquoi les abeilles sont essentielles à notre environnement et à notre avenir, voici, en quelques chiffres ce que les abeilles et autres insectes pollinisateurs représentent par leur action :

  • La reproduction de plus de 80 % des espèces végétales,
  • La production de plus de trois quarts des cultures dans le monde – majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques, d’épices et de stimulants (café, cacao),
  • 35 % de la production alimentaire mondiale en tonnage,
  • 10 % du chiffre d’affaires de l’agriculture mondiale,
  • 153 milliards d’euros par an,
  • 20 000 personnes en France dans la filière apicole (miel et autres produits de la ruche), dont 2 000 apiculteurs professionnels,
  • 98 000 éleveurs amateurs en France,
  • Une production française de miel par an d’environ 15 000 tonnes, (35 000 tonnes en 1990),
  • La sauvegarde de la biodiversité.

Ne lâchons rien ! Il est de notre devoir de faire émerger une prise de conscience générale.

En même temps, la consommation annuelle de miel en France reste de 40 000 tonnes. Ce qui signifie que plus de la moitié du miel que nous consommons vient de Chine ou d’Argentine. La gelée royale est importée à 96% d’Asie. Ce miel d’importation est généralement bien moins cher, produit dans un objectif de rentabilité maximale, (techniques de congélation / recongélation, nourrissage artificiel des abeilles) mais ce, au détriment de l’abeille, et pas seulement…

Si le phénomène de surmortalité des abeilles s’accentue, cela engendrera de graves conséquences sur la biodiversité.

Nous ne deviendrons pas sauveteurs d’abeilles en nous improvisant du jour au lendemain apiculteur amateur, en installant une ruche dans notre jardin. Apiculteur, c’est un métier. Même amateur, ce sont des règles, des usages, un savoir-faire. Alors, ne lâchons rien ! Il est de notre devoir de faire émerger une prise de conscience générale.

Les abeilles sont des sentinelles pour l’humanité.

 

Danièle Noël
Présidente MoDem 54