Aujourd’hui des relents fétides remontent à la surface, profitant d’une période où nos valeurs sont attaquées.
Faiseuses de haine au visage d’ange, harpies mortifères, les voix qui montent de l’extrême-droite rabaissent la femme, salissent son image, dégradent ce que nous sommes.

Donneuses de leçons, elles nous refont l’Histoire de France voire de l’Occident sur de pseudos références à la chrétienté.

D’Histoire, pourtant, il en est bien question.
Il y a quarante ans, une femme s’est élevée au perchoir de l’Assemblée Nationale pour faire voter une loi qui s’est inscrite comme une véritable révolution à une époque où ces messieurs ne parlaient jamais du sort des femmes.
Les débats furent violents et empreints de haine. Il fut même question de « barbarisme nazi » pour faire plus mal encore, pour stigmatiser d’avantage. De ces blessures marquées au fer rouge, nous n’en voulons plus.
Ce fut pourtant une révolution à double titre : Simone Veil offrait aux femmes la liberté de décider seules de leur vie, de leur existence, de leur sort. Elle donnait aussi naissance à un véritable débat philosophique: on prenait enfin conscience qu’il ne nous appartenait pas de juger de la détresse d’une femme.
Avant cette loi, les faiseuses d’anges se chargeaient du sale boulot. Et on se foutait pas mal du sort des unes ou des autres ; le mieux à faire était de se taire.
Nous ne nous sommes pas tus.
La loi pour l’IVG a marqué la fin d’une certaine forme d’aliénation.
Elle est inscrite dans notre Histoire. C’est un acquis sur lequel nous ne reviendrons pas.
Quarante plus tard, nous ne nous tairons pas !
Dans les années 70, le parti frontiste usait déjà du fer rouge et parlait de « génocide anti-français » pour évoquer l’avortement.
Aujourd’hui, rien n’a changé.
En mars dernier, au Parlement européen, la totalité des eurodéputés frontistes ont voté contre le paragraphe 45 sur un texte concernant l’avancée de l’égalité hommes-femmes au sein de l’Union européenne. Ce paragraphe disait en ces termes que « les femmes doivent avoir le contrôle de leur santé et de leurs droits sexuels et reproductifs », notamment « grâce à un accès aisé à la contraception et à l’avortement ».
En 2015, en pleine campagne pour les élections régionales, Marion Maréchal Le Pen annonce qu’elle mettrait fin aux subventions du Planning familial, que le FN dénonce la « banalisation de l’avortement» et de l’IVG ; nous lui rappellerons que chaque année, 45 000 femmes meurent encore des suites d’un avortement clandestin.
Quand à la manière des tribuns de la plèbe, et sous de grands effets de manche, Marion Maréchal Le Pen s’attaque à l’Histoire des civilisations et exige des musulmans de « se plier aux mœurs et au mode de vie que l’influence grecque, romaine, et seize siècles de chrétienté ont façonné », nous lui rappellerons son inculture et son ignorance.
Ce sont les khalifes qui ont fait traduire les œuvres des philosophes et savants écrites en grec ou en persan. Et au nombre des « penseurs arabes » se trouvèrent, des Juifs et même des Chrétiens, des Syriens, des Espagnols, des Normands et des Perses.
Quant à cette arrogance ignare née du fiel de Marine Le Pen, «bad trip» digne d’un mauvais scénario de science-fiction qui nous annonce que nous, femmes d’Occident, nous nous retrouverons bientôt toutes à porter le voile, à subir la charia et la barbarie, c’est avoir bien piètre opinion de ce que nous sommes et de la capacité des femmes à agir et réagir.
Si la femme est l’avenir de l’homme politique, ces femmes-là sont indignes de nous représenter. Leur vision est bien trop rétrograde, archaïque et nuisible.
Amalgamer le statut de la femme, la religion, notre devenir, l’Islamisme, les égorgeurs de l’État Islamiste est plus qu’un jeu dangereux ; c’est une injure démocratique.
C’est faire fi de l’histoire de la lutte des femmes, partout dans le monde comme celle de la résistance des femmes tunisiennes qui se sont battues et se battent encore pour empêcher de mettre la religion aux commandes de leur gouvernement.
Alors, des leçons de terreur, nous n’en voulons pas !
Nous connaissons trop bien le désenchantement des citoyens pour savoir que ces perfides manipulations ne peuvent conduire qu’aux ténèbres.
Ces sombres augures qu’elles sèment, ce fiel et cette inculture, je les condamne !
Et j’appellerai sans relâche à combattre leurs idées ; funeste breuvage concocté à grands coups d’intégrisme chrétien, de logorrhée et d’incontinence verbale.
Que nul ne soit dupe des images bien lissées et trop proprettes pour être honnêtes diffusées sur des papiers glacés.
Ce ne sont que des miroirs aux alouettes.
Dans le miroir, l’ « effet marine » donne bien mauvaise mine.
La soumission à laquelle celles-ci et leurs adeptes souhaitent finalement nous conduire n’est pas dans notre ADN.
Entendez-le bien, mesdames les semeuses de F-Haine et faiseuses d’histoires !
Parce qu’à les écouter, Jean-Marie Le Pen passera bientôt pour un enfant de chœur.
Parce qu’ un eurodéputé européen FN prône le droit des femmes à rester chez elles, alors qu’elles commencent donc à s’appliquer ce droit à elles-mêmes !
Parce que celles et ceux qui souhaitent une autre vision d’avenir, nous, nous ne nous tairons pas.
Alors, faisons-les taire !
Danièle NOËL
Présidente MoDem 54
Le 04/12/2015