Droits des femmes : une situation alarmante en Pologne
#CzarnyProtest
My decision

Le Mouvement Démocrate de Meurthe-et-Moselle (MoDem 54) par la voix de sa présidente, Danièle NOËL,  exprime sa profonde inquiètude face à l’évolution de la situation politique en Pologne.

La Pologne, pays membre de l’Union Européenne, connait depuis le 25 octobre 2015, date des dernières éléctions législatives, un sérieux virage à droite.

En effet, la victoire du parti conservateur Droit et Justice (PiS), parti nationaliste, catholique et eurosceptique  entraine le pays vers une politique qui déstabilise la démocratie polonaise. Les réformes engagées comme le contrôle des médias publics ou encore la mise sous tutelle du Tribunal constitutionnel ont conduit la Commission européenne à ouvrir une enquête préliminaire pour  » atteinte à l’Etat de droit « .

Depuis quelques semaines, le gouvernement polonais s’attaque aux droits des femmes et notamment au droit à l’avortement (IVG).

Pourtant, actuellement en Pologne, la législation sur l’IVG fait déjà partie des plus restrictives de l’Union Européenne. Avorter en Pologne relève d’un véritable parcours de la combattante.

L’avortement n’est autorisé que dans trois cas : en cas de viol ou d’inceste, de graves pathologies du fœtus, ou de risques avérés pour la vie ou la santé de la mère. (Dans ces deux derniers cas, il ne s’agit pas d’interruption volontaire mais d’indication médicale.)

Trois exceptions qu’un projet de loi  vise à supprimer. Ce projet prévoit également des peines allant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement pour les femmes, les médecins, ou toute personne aidant à l’avortement. D’un point de vue légal, la vie du fœtus aura la priorité sur la survie de la mère.

Ce 3 octobre 2016, faisant suite aux manifestations qui ont déjà eu lieu à Varsovie devant le parlement polonais, les femmes se mettent en grêve et descendent dans la rue pour une « Protestation noire » (#CzarnyProtest).

Vêtues de noir, elles vont crier leur colère et leur peur face à un régime politique qui s’attaque de plus en plus aux libertés individuelles et à la démocratie.

Ce qui se passe avec cette loi n’est que la partie visible de l’iceberg. Ce n’est qu’une partie d’un contexte plus général, où les libertés citoyennes sont chaque jour rabaissées par un pouvoir devenu autoritaire.

Alors que le gouvernement polonais est déjà sous le feu des critiques internationales, notamment en ce qui concerne la réforme de la justice, le MoDem 54 entend bien alerter une fois de plus sur la régression du droit des femmes en Pologne, comme cela a été le cas en Espagne.

Cette question sera débattue au Parlement européen mercredi 5 octobre. Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies s’en saisira également les 17 et 18 octobre.

A l’instar de Simone de Beauvoir, il est urgent de rappeler : « qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. »

Le MoDem 54 s’associe donc pleinement à cette « protestation noire » et affirme tout son soutien à celles et ceux qui se battent pour que les mots liberté et démocratie ne deviennent pas des coquilles vides de sens.

Danièle NOËL

Présidente MoDem 54

Et les membres du Bureau MoDem 54