50 propositions pour relancer la France et l’Europe

10626544_808512582532744_1043993315889972805_n« Préférez le risque de la modernité et de l’ouverture au monde au confort de l’immobilité et à l’illusion de l’hexagonal»

 

Notre éthique politique est fondée sur notre volonté de privilégier l’intérêt collectif face aux intérêts particuliers afin de permettre à chacune et à chacun de construire sa vie dans un pays apaisé et convivial tourné vers l’avenir tout en restant solidement attaché à ses traditions culturelles qui fondent notre Nation.

 

 

 

 

 

A.- Investir en formation

Condition incontournable à tout renouveau, sans laquelle le pays continuera à décliner dans un monde globalisé !

1)   Oser rénover l’Ecole pour réduire les inégalités sociales du savoir qui ne font qu’augmenter depuis 30 ans, par un effort considérable en faveur des écoles maternelles et primaires donnant à chacun des élèves le socle nécessaire pour s’insérer dans la société et pouvoir poursuivre sa formation dans de bonnes conditions (maîtriser la lecture et l’expression écrite, initiation au numérique et au raisonnement logique).

2)   Réformer collège et lycée en cessant la démagogie de la nécessaire réussite de tous sans le moindre effort. Prendre en compte en particulier la révolution numérique pour adapter les enseignements aux enseignés. Exiger un minimum de polyvalence des enseignants et limiter l’absentéisme tant des enseignants que des élèves.

3) Réinventer une pédagogie plus attractive pour les innombrables laissés-pour-compte du système actuel, qui ne trouvent aucun intérêt dans les formations dispensées….alors que les connaissances de base sont parfois négligées. Pour rétablir l’égalité des chances, il est impératif que chacun puisse accéder au socle commun indispensable.

4)   Faire une large place à l’apprentissage en liaison étroite avec les entreprises afin de faciliter l’insertion des jeunes, comme c’est le cas en Allemagne et en Suisse par exemple: Favoriser l’apprentissage comme choix actif et non comme suite d’un échec scolaire. Redéfinir le rôle des CFA souvent mal positionnés et peu efficaces, bien que très coûteux.

5)   Refonder l’Université par la reconnaissance effective de l’autonomie des Universités, la réforme de leur mode de gouvernance, l’arrêt de la démagogie de l’accès non sélectif à toutes les filières (d’ailleurs théorique puisqu’au moins 60% des étudiants vont dans des filières sélectives). Concernant le financement des études, il faut cibler les aides vers les étudiants méritants les plus démunis plutôt qu’octroyer, comme actuellement, des bourses notoirement insuffisantes pour nombre d’étudiants et des aides conséquentes à certains qui n’en ont pas un réel besoin (via les aides diverses au logement, restaurant universitaire, protection sociale, etc.) ; il convient aussi de favoriser le développement des prêts étudiants remboursables au cours des premières années de la vie professionnelle.

6)      Imposer un grand effort aux structures publiques de formation pour la mise en place d’actions de formation continue aujourd’hui largement confiées à des officines plus ou moins adaptées et souvent fort coûteuses.

7)      Poursuivre et stimuler les échanges d’étudiants dans l’espace européen (Erasmus) afin de mieux les préparer à la globalisation, y compris pour les filières d’apprentissage alors que ce n’est pas le cas aujourd’hui (le dispositif européen Motiv’app est inconnu de nombreux CFA ou n’est pas proposé !).

8)      Repenser la politique d’accueil des étudiants étrangers non francophones en permettant l’utilisation de l’anglais comme langue d’enseignement et d’examen, en révisant la participation financière des étudiants étrangers — et leurs pays – selon leurs possibilités à l’instar de ce qui est pratiqué dans de nombreux autres pays. Par ailleurs, un niveau minimal en langue anglaise devrait être exigé pour l’attribution de tous les diplômes universitaires.B.

B – Relancer l’industrie et préserver l’agriculture

Revenir sur l’erreur historique de considérer que le pays devait polariser son économie sur les services en abandonnant des pans entiers de l’industrie, faute d’investissement et de spécialisation dans les secteurs d’avenir.

9)      Inciter l’épargne à s’investir non plus dans l’immobilier et les fonds d’état mais dans les activités industrielles à long terme, en particulier, en réorientant les fonds considérables de l’assurance-vie. Développer les actions d’accompagnement financier par l’Etat (BPI-France).

10)  Renforcer l’indépendance énergétique en limitant l’utilisation des combustibles fossiles par une politique fondée sur des efforts permanents d’économie d’énergie et la production massive d’énergies renouvelables (hydraulique, bois et biomasse, éolien, solaire) et nucléaire.

11)  Favoriser le renouveau industriel :

  • en soutenant l’innovation dans les secteurs d’excellence structurants plutôt qu’en poursuivant un saupoudrage non ciblé : Aéronautique et transports terrestres, agro-alimentaires, pharmacie, chimie de spécialités et matériaux spéciaux, cosmétique, énergie (nucléaire, réseaux, renouvelables, économies, parapétrolier), etc.
  • en adaptant la fiscalité afin de stimuler les industries exportatrices plutôt que les entreprises bénéficiant de rentes nationales (grand commerce, monopoles, etc.),
  • en disposant d’électricité à un prix compétitif,
  • en participant à la création de champions européens, ce qui impose de limiter les pouvoirs exorbitants de la Commission Européenne en matière de concurrence,
  • en réorientant les dispositifs de formation professionnelle (initiale et continue) vers les secteurs manquant de main-d’œuvre qualifiée.

12)  Stimuler la construction et la rénovation de logements, particulièrement dans le locatif, (et du tertiaire) par la simplification des règlements, l’accélération des procédures administratives et l’incitation fiscale. L’industrie du bâtiment, non délocalisable et fortement créatrice d’emplois, joue un rôle d’entraînement important pour l’ensemble de l’économie.

13) Préserver notre agriculture en défendant ses différentes formes (grandes cultures, agriculture familiale, cultures « bio », etc.), afin de résister à la concurrence internationale exacerbée et à la surenchère permanente des grandes surfaces qui exigent des prix toujours plus bas, favorisant ainsi la production et/ou l’importation de produits de médiocre qualité.

14)  Défendre le consommateur et l’agriculteur européens face aux importations à bas prix et/ou de médiocre qualité et/ou désastreuses sur la plan écologique et social. Eduquer et responsabiliser le consommateur et favoriser les « circuits courts ».

15)  Simplifier l’empilement sans fin et sans limite des normes et limitations selon le sacro-saint principe de précaution, ce qui a pour conséquence de délocaliser de nombreuses activités d’innovation et de détruire certaines activités pourtant prometteuses (Cf. les normes que prépare actuellement la Commission Européenne qui vont lourdement pénaliser les industries de la parfumerie, des arômes et de la cosmétique, domaines d’excellence de la France).

C.- Adapter les rapports sociaux et la fiscalité à la mondialisation

Il est impératif d’adapter les rapports sociaux en privilégiant le contrat entre partenaires sociaux, associés et non adversaires au sein de chaque entreprise. Il est non moins impératif de réformer notre système fiscal qui est la base du financement des fonctions régaliennes de l’Etat (police, justice, défense), des services publics et de la solidarité nationale, afin de garantir leur pérennité dans une Europe où la concurrence entre états incite à la migration des activités vers le moins-disant fiscal. La globalisation de l’économie et la révolution numérique imposent d’urgentes actions pour enrayer la fuite des activités, des emplois et des cerveaux ! Et tout doit être fait pour faire progresser l’harmonisation fiscale au sein de l’Union Européenne.

16)  Privilégier le contrat entre les partenaires sociaux sur tous les aspects de la vie de l’entreprise, plutôt que d’imposer chaque jour de nouvelles réglementations à toutes les entreprises sans prendre en compte les contraintes de chacune : Redonner sa place à la négociation, même si elle doit être encadrée par un environnement juridique limitant les abus éventuels. Par des sanctions dissuasives.

17)  Revoir la fiscalité nationale pour encourager l’investissement à long terme — particulièrement industriel -, la création d’entreprises et d’emplois, tout en taxant la spéculation financière (trading haute vitesse, produits dérivés) et immobilière, en faisant évoluer les règles européennes.

18)  Renforcer la fiscalité nationale et européenne vis-à-vis des entreprises internationales, principalement « numériques » qui vont ruiner progressivement l’emploi et les finances publiques par « optimisation fiscale » et transfert des taxes vers des pays « accommodants » (ex. Google, Amazon, EBay, etc.), ce qui nécessite une profonde harmonisation fiscale européenne bannissant le dumping largement pratiqué actuellement (Cf. Irlande, Luxembourg, Pays-Bas), ainsi qu’une révision des règles de l’OMC.

19)  Contraindre les banques à coopérer avec les états européens pour traquer la fraude fiscale (par analogie à la nouvelle législation américaine).

20)  Restructurer les finances locales en réformant les différentes taxes et en favorisant les solidarités territoriales (péréquation), sociales (surtaxation importante des résidences secondaires, des appartements vides et, dans les zones « tendues », des terrains à bâtir) et économiques (taxation différentiée des entreprises selon leur exposition à la concurrence internationale).

D.- Proposer une politique européenne de coopération économique et fiscale renforcée

La sortie de la léthargie économique actuelle ne pourra intervenir que si une politique européenne ambitieuse permette une convergence économique et fiscale.

21)  Refuser la propension actuelle d’aller toujours vers le «moins-disant» fiscal qui ravage les finances publiques de nombreux pays et permet l’optimisation fiscale pratiquée en toute légalité par les multinationales.

22)  Accélérer la mise en place de la législation prévoyant de collecter la TVA au niveau final de consommation quelle que soit la source du produit ou du service.

23) Remettre en cause tous les accords fiscaux antérieurs avec les pays pratiquant le dumping fiscal et social.

38) Réviser le mandat de la Banque Centrale Européenne en y ajoutant le développement économique et non la seule défense de la stabilité des prix.

E.- Simplifier pour rendre notre économie plus résiliente et les relations avec les Administrations plus constructives

Sous prétexte de rigueur et de justice, la bureaucratie atteint des sommets dans tous les domaines et freine toute initiative et la prise de risque sans lesquels le chômage et la régression sociale ne feront qu’augmenter.

24)Simplifier la vie des entreprises soumises à des tracasseries administratives, fiscales et sociales – dont bon nombre sont inutiles et contre-productives — créant une insécurité juridique décourageante.

25)Simplifier des démarches des citoyens par une information renouvelée plus facilement accessible à tous en éliminant les inutiles complications et jargons juridiques, poursuivant ainsi l’effort déjà engagé en ce sens.

26)  Revoir le comportement des services de l’Etat en privilégiant la coopération, la concertation, et les contrôles a posteriori dans un climat de confiance plutôt que les innombrables contrôles pointilleux a priori.

F.- Rééquilibrer les systèmes de solidarité pour assurer leur pérennité et leur efficacité

Alors que le pays consacre une part très importante de la richesse créée aux transferts sociaux, les objectifs de la politique sociale sont loin d’être atteints, du fait de ciblages indifférenciés ou mal calibrés. Il est urgent d’agir pour que les Français reprennent confiance dans la solidité de leur système de solidarité, en particulier, de la retraite par répartition, faute de quoi, ils n’accepteront plus de contribuer à son financement.

27) Assurer par les transferts sociaux nécessaires au soutien aux plus défavorisés sans les pousser dans une « trappe à assistance » sans envie ni espoir d’en sortir. Ceci implique le soutien fort à ceux qui font les efforts de formation leur permettant de réintégrer le monde du travail. Il serait normal d’amplifier les différences de rémunération selon l’implication des intéressés.

28)    Réunifier et réformer les systèmes de retraite afin de retrouver une visibilité à long terme, garantir la pérennité du système par répartition et assurer une meilleure solidarité interprofessionnelle et intergénérationnelle. Ceci exigera de revoir les avantages importants des salariés du public et des régimes dits spéciaux.

29)    Financer la prise en charge des personnes dépendantes par prélèvement sur leur patrimoine quand c’est possible plutôt que par la solidarité nationale qui doit être réservée aux plus démunis.

30) Faire évoluer le financement de la santé en limitant le poids des charges pesant sur l’emploi, ce qui nécessitera des efforts longs et patients car cette évolution ne pourra être que progressive. Pour que ce financement reste supportable, il est impératif de responsabiliser le patient (y compris ceux pour qui la santé est entièrement « gratuite » !) et réguler le système actuel qui laisse libre champ aux professionnels de santé pour prescrire sans limite nombre d’actes, de médicaments, d’examens, de cures et d’interventions sans utilité pour la santé, comme cela apparaît dans les comparaisons avec les pays voisins.

31) Distinguer les financements de ce qui relève de l’assurance et de ce qui relève de la solidarité nationale (santé, chômage, invalidité, etc.).

G.- Briser les rentes et monopoles pour rendre notre économie plus efficace et plus juste

32) Revoir les privilèges des professions réglementées (experts-comptables, professions médicales, taxis, huissiers, etc.) qui bénéficient de rentes de situation qui plombent l’économie et le pouvoir d’achat, par des rémunérations parfois extravagantes, sans rapport avec les risques encourus et les compétences mises en œuvre.

33) Encadrer les pratiques des monopoles numériques et développer des alternatives au niveau européen de façon à garantir la protection des données personnelles et de la propriété intellectuelle, et d’éviter ainsi de subir une totale dépendance au « bon-vouloir » des grands monopoles états-uniens.

H.- Reconstituer les liens sociaux pour améliorer le « vivre ensemble »

34)  Redonner sens à l’intérêt public qui ne saurait se réduire à la somme des intérêts privés en impulsant la mixité sociale réelle au niveau de l’habitat mais également de l’école et de l’activité économique.

35) Ré-enchanter les cultures populaires par un soutien équilibré alors qu’aujourd’hui la culture « bobo » parisienne et la culture élitiste, financées à grand renfort de subventions et aides diverses, sont réservées à une infime minorité de nantis.

36) Maintenir un service public de l’audiovisuel de qualité touchant le plus grand nombre face aux programmes infantilisants des innombrables médias aujourd’hui diffusés. Renforcer les infractions multiformes qui peuplent aujourd’hui les réseaux sociaux et Internet.

37) Reconquérir progressivement les zones de non-droit où dealers et délinquants empoisonnent la vie des habitants par un réinvestissement de l’Etat et des collectivités assortie d’une répression ferme des délits.

38)   Eviter la désertification des centres-villes dont l’activité est largement relocalisée dans des zones commerciales parfois incongrues à la périphérie urbaine.

39)   Revoir la politique d’immigration en assortissant l’accueil des immigrés à la volonté d’insertion des personnes concernées et à la capacité de la Nation à les recevoir. L’évolution géopolitique du monde et l’explosion démographique en Afrique vont rapidement déborder les capacités d’accueil des pays européens si la législation généreuse actuelle n’est pas rapidement revue.

40)Assortir l’assistance aux efforts d’insertion en rappelant que droits et devoirs sont intrinsèquement liés.

41)  Défendre la laïcité — définie comme le respect de la liberté de tous dans le cadre des lois de la République – par l’éducation et le dialogue, et si nécessaire par la répression des actes de provocation ou d’incitation à la haine religieuse, ethnique ou sociale. La montée de l’intégrisme musulman, teinté d’antisémitisme de plus en plus ouvertement, ne saurait être ignorée et tolérée au prétexte d’une bienveillance « rousseauiste » masquant une lâcheté face aux réalités.

I.- Œuvrer pour une politique européenne de défense et de coopération adaptée aux nouvelles menaces.

42)  Promouvoir une coopération militaire et industrielle renforcée avec les pays européens en partageant le coût de la défense, afin de maintenir une force suffisante pour assurer la sécurité de l’espace européen face aux nouvelles menaces.

43) Réétudier la position de la France au sein de l’OTAN et des responsabilités réciproques en cas de menace grave ou de conflit.

44)Repenser la position de la France (et du Royaume-Uni ?) au Conseil de Sécurité selon l’évolution de cette coopération européenne.

45)  Actualiser la mise en œuvre et le développement de la force nucléaire de la France selon l’évolution de cette coopération européenne (partage des décisions, partage des coûts ?). En particulier, revisiter l’idée d’un partage de la force de dissuasion avec l’Allemagne ?

46)  Adapter nos outils de défense à la nouvelle situation du monde et des menaces provenant non plus de pays identifiables mais de nébuleuses terroristes sans cesse évolutives et difficiles à cerner, avec lesquelles toute négociation est impossible. Le renforcement des services de renseignement et d’actions non conventionnelles mérite d’être rapidement engagé.

47)Revoir la stratégie générale sur laquelle sont fondés les traités d’assistance avec de nombreux pays africains.

J.- Œuvrer énergiquement pour une politique européenne de coopération

48) Coordonner la coopération des différents pays européens avec les pays en développement afin de mieux cibler les moyens mis en oeuvre et rendre plus efficace les aides apportées afin qu’elles soient effectivement employées au seul profit des populations locales et à leur développement économique et culturel. Pour aller en ce sens, un audit, opéré pays par pays, s’impose, y compris pour ce qui concerne les actions des ONG qui sont parfois contradictoires avec celles de l’action publique, voire contre-productives.

49) Soutenir les politiques de développement permettant de limiter le souhait des populations d’émigrer vers l’Europe.

J.- Réviser nos institutions

Face au désamour inédit des partis et des élus risquant de ruiner l’équilibre de notre démocratie représentative et faire craindre des aventures politiques hautement inquiétantes, il est urgent de briser la bipolarisation excessive résultant des modes actuels de désignation des élus nationaux qui stérilise le débat et interdit la coopération des gens de bonne volonté.

50) Réviser le système électoral des parlementaires en évitant les excès dus système uninominal actuel (Assemblée Nationale), la déconnexion avec le peuple (Sénat) et la multiplication des responsables non élus directement (Collectivités Territoriales, Conseil Economique, Social et Environnemental).

Réflexions de Michel PERRUT  –  mperrut@free.fr